23 mars 2021 ~ 0 Commentaire

Primitivismes 2 – Une guerre moderne, Philippe Dagen, Gallimard – Pour les initiés

dagenMon appréciation : ♥♥♥ / 5

Ma chronique sur Babelio : Second tome du traité de l’auteur, historien de l’art, concernant les arts (dits) primitifs. Ce tome couvre les années 1910 à 1930, jusqu’à la guerre 39-45.

Dans les années 1910, l’art primitif est essentiellement l’art « nègre » africain, découvert par quelques passionnés dont des artistes comme Picasso, Derain ou Bracque. Ces derniers s’inspirent des formes simples et géométriques des arts primitifs, plus portés par la religion que par le soucis de ressemblance avec le réel, pour faire évoluer leur travail personnel.

La reconnaissance de l’art « nègre » va croissante au cours des années 2010 et 2020, mais elle reste marquée par le racisme et le colonialisme. Sous l’impulsion, notamment, des surréalistes, l’art « nègre » sort d’Afrique pour devenir vraiment arts primitifs en englobant, géographiquement, les archipels du sud-est asiatique, l’Océanie et les Amériques, et, culturellement, les arts antiques grecques et romains, et même l’art dans les « asiles d’aliénés ». Les arts primitifs n’ont alors plus réellement de limites…

Dagen

Dans les années 1920 et 1930, les surréalistes continuent à se saisir des arts primitifs comme d’une source d’inspiration qui leur permet de s’affranchir des règles de l’art classique, et même parfois des règles sociales. Ce mouvement hyper créatif sera malheureusement stoppé par l’entrée dans la seconde guerre mondiale.

L’ouvrage est un gros travail d’historien, très documenté, comme le montre la liste des notes et références. Mais cela reste un travail s’adressant à des experts, des amateurs éclairés, des étudiants en arts… Il n’est pas totalement inaccessible au profane ou au débutant (comme moi), mais demande alors un effort de concentration qui rend la lecture un peu fastidieuse.

Ce n’est donc pas le texte de vulgarisation que j’aurais pu espérer trouver. C’est dommage car, comme le montre le succès du musée du quai Branly – Jacques Chirac, il y a une vraie appétence du public pour les arts primitifs, et un ouvrage un peu plus tourné vers le plus grand nombre de lecteurs aurait fait œuvre utile.

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