07 mars 2021 ~ 0 Commentaire

Sur le ciel effondré, Colin Niel, Babel noir – Polar ethnologique et coup de coeur !

NielMon appréciation : ♥♥♥♥♥ / 5

Ma chronique sur Babelio : À Cayenne, une bande d’anglais (migrants originaires du Guyana) braque les maisons bourgeoises, généralement sans violence excessive. Jusqu’au jour où survient le drame : la victime meurt noyée dans sa piscine… Les équipes du capitaine Anato sont sur les dents, sommées par la hiérarchie de retrouver les coupables.

Sur le Maroni, en amont de Maripasoula, les appétits s’aiguisent : les terres ancestrales des amérindiens regorgent d’or, attirant orpailleurs clandestins brésiliens, et sociétés françaises agréées… C’est dans ce contexte, que Tipoy, un adolescent fils de  Tapwiti Maloko, un des leaders des derniers amérindiens, disparaît. L’adjudante Blakaman, gendarme d’origine noir-marron comme Anato, récemment rentré de métropole après un acte de bravoure, conduit les recherches.

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Sur le ciel effondré est la quatrième enquête guyanaise du capitaine Anato. Si l’auteur est déjà reconnu comme un des grands de la littérature noire française, il s’affirme là comme un des maîtres mondiaux du polar ethnologique, dans un style très différent de celui des fondateurs du genre, Arthur Upfield ou Tony Hillerman notamment.

Du polar moderne, Colin Niel a retenu la multiplicité des intrigues et/ou des points de vue, qui se croisent et finissent par se rejoindre, ou pas, et le sens du détail, qui peut paraître anodin mais l’est rarement.

Comme tous les bons polars ethnologiques, il nous plonge dans des milieux et des populations qui nous sont contemporains mais nous semblent très éloignés. Chez Niel, la Guyane a remplacé les Four-Corners d’Hillerman. Les interactions humaines se sont complexifiées : il n’y a pas que les amérindiens et les colonisateurs blancs ; il faut y ajouter les noirs-marrons, descendants d’esclaves en fuite, les migrants économiques, les chercheurs d’or clandestins…

L’auteur nous fait découvrir ces mondes qui nous sont étrangers avec une richesse de détails qui laisse pantois ; la patte du scientifique qu’il était, sans doute ? Je n’ose imaginer la somme de recherches sur laquelle tout cela s’appuie…

Evidemment, on est en droit de se poser la question : « quelle est la part de réalité ethnologique ? ». Je me contenterai d’une seule réponse : l’accueil enthousiaste que réservent les populations guyanaises aux romans de Colin Niel.

Un vrai coup de cœur !

 

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