23 février 2021 ~ 0 Commentaire

Textes et chansons, Boris Vian, Juillard/10-18 – Un auteur à (re)découvrir !

VianMon appréciation : ♥♥♥♥♥ / 5

Ma chronique sur Babelio : Je pensais bien connaître Boris Vian, pour avoir lu plusieurs de ses romans quand j’étais beaucoup plus jeune, et écouter régulièrement une compilation de ses chansons… Les textes regroupés dans ce petit livre, dont la première édition date de 1966, donnent un nouvel éclairage de son œuvre.

Je ne vais pas essayer d’en faire une chronique classique, mais plutôt tenter de partager quelques impressions de lecture.

Le livre s’ouvre avec un texte dont le titre est « Conversation avec un adjudant (d’opérette, cela va de soi) ». Un petit extrait :

« - Ah! vous faites dans la littérature… J’aurais du m’en douter.
- Oh! je fais dans pas mal de choses, n’adjudant, ingénieur, auteur, traducteur, musicien, journaliste, interprète, jazzologue, et maintenant directeur artistique d’une maison de disques.
- Ouais… je vois… bon à tout, bon à rien… Qui trop embrasse mal étreint, comme on dit.
- Ça dépend des bras qu’on a, n’adjudant… Regardez les miens… Je suis bâti comme un singe… Fait pour la culture qui vous courbe sur la glèbe glabre. »

Cela en dit déjà beaucoup : l’éclectisme du personnage, son sens de la dérision, sa vision des militaires, etc.

Vian

Ensuite « La java des bombes atomiques », une chanson rendue célèbre par Serge Reggiani et un de mes textes préférés de Vian. Trois couplets et deux variantes. J’apprécie tout particulièrement la variante du dernier couplet :

« Alors on l’condamna
Et puis on l’amnistia
Et l’pays reconnaissant
L’élut immédiat’ment
Chef du gouvernement »

Une conclusion qui en dit l’on sur son respect de l’autorité et son sens de la dérision.

Un peu plus loin, un texte sur les parlementaires et la corruption « Le prix d’un parlementaire ». Arrêtons-nous sur le renvoi associé à ce titre : « Le vocable « parlementaire » dérive, on le sait, du vieux français «parler menteur », et sa signification va donc de soi… ». Sans commentaire !

Plus loin encore, un autre texte que j’aime beaucoup, « Les joyeux bouchers ». Deux couplets de 4 vers et deux refrains beaucoup plus longs, et ce sont les bouchers, les mangeurs de viande et les militaires, encore, qui en prennent pour leur grade. Je pense que si Vian vivait encore, il ajouterait un couplet et un refrain sur les terroristes…

On passe sur « Faut rigoler (Mambo des gaulois) », rendu célèbre par Henri Salvador, qui a le mérite de montrer que Vian savait aussi s’amuser, sans autre prétention…

Enfin, le livre se termine sur ‘Le déserteur », chanson si souvent reprise qu’il est inutile de citer le texte (ceux qui ne connaissent pas pourront aller l’écouter sur Youtube – voir par exemple le lien ci-dessous).
En revanche, un petit extrait la « Lettre ouverte à Monsieur Paul Faber conseiller municipal », ce Monsieur ayant demandé la censure de la chanson à la radio : « De deux choses l’une : ancien combattant, vous battiez-vous pour la paix ou pour le plaisir ? Si vous vous battiez pour la paix, ce que j’ose espérer, ne tombez pas sur quelqu’un qui est du même bord que vous et répondez à la question suivante : si l’on n’attaque pas la guerre pendant la paix, quand aura-t-on le droit de l’attaquer ? Ou alors vous aimiez la guerre – et vous vous battiez pour le plaisir ? » Encore une fois tout est dit, rien à ajouter !

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