08 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

Humanité et Biodiversité – Retour des néonicotinoïdes pourtant interdits depuis 2018

Betterave

Mardi 6 octobre, l’Assemblée nationale a voté en faveur de la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d’abeilles, afin de sauver la filière de la betterave sucrière. Humanité et Biodiversité avait pourtant participé à la réunion du CNTE pour y exprimer son opposition au projet de loi et son soutien aux trois ONG environnementales ayant boycotté la séance.

Alors que l’avis de l’ANSES du 7 janvier 2016 confirmait que « ces substances présentent un danger important pour les espèces non-cibles », le texte de loi ré-autorisant le retour des insecticides tueurs d’abeilles vient d’être adopté avec 313 voix pour et 158 contre. Malgré les alertes des scientifiques et associations environnementales, les député.e.s restent dans le déni du déclin de la biodiversité.

Une décision inacceptable 4 ans après l’adoption de la loi de 2016 sur la reconquête de la biodiversité ayant interdit la mise sur le marché de ces produits pour une durée de 3 ans à compter de 2018, et ce, alors que tous les indicateurs traduisant l’érosion de la biodiversité sont au rouge !

Afin de lutter contre la « jaunisse » de la betterave qui affecte les rendements, le texte prévoit une dérogation pour l’utilisation de ces insecticides tueurs d’abeilles jusqu’en 2023. Il valide également la création d’un conseil de surveillance et entérine l’interdiction d’implanter des cultures appréciées des abeilles sur des parcelles où ont été utilisés des néonicotinoïdes, afin de ne pas les exposer.

Aucune contre-expertise indépendante de l’étude d’impact présentée au CNTE début septembre attestant que les producteurs de betteraves n’ont pas de solution alternative au recours au néonicotinoïdes n’a été produite.
Aucune analyse du coût environnemental et de santé publique n’a été réalisée pour nous permettre d’évaluer si une compensation pour les pertes financières de la filières betterave ne serait pas préférable au recours de substances particulièrement néfastes pour la biodiversité et la santé des écosystèmes.
Pourtant, selon le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie qui fait de la survie de la filière betteraves un enjeu de « souveraineté » agroalimentaire, le retour des néonicotinoïdes est la seule « alternative« .

Pour Humanité et Biodiversité, notre désaccord porte sur deux points :

1. Ce produit est toxique pour la vie de la nature, nous devons donc maintenir son interdiction
2. On doit par ailleurs impérativement trouver dans ce contexte des réponses scientifiques évaluées avant une interdiction… qui pourrait se prolonger au-delà du raisonnable


ET AUSSI…

Consultez ci-dessous notre cahier de la biodiversité n°4 « Néonicotinoïdes et compétitivité de la production française de betterave ». 

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