07 août 2020 ~ 0 Commentaire

Tais-toi et meurs, Alain Mabanckou, Editions La Branche/Pocket – Noir et caustique !

mabanckouMon appréciation : ♥♥♥♥ / 5

Ma chronique sur Babelio : Quand  Julien Makambo, jeune immigré clandestin congolais, débarque à Paris, il meurt virtuellement une première fois en devenant José Monfort. Il est pris en charge par son presque beau-frère Pedro, et ils vivent de petites combines. Mais les temps sont durs, et pour remonter ses finances, Pedro prépare un gros coup auquel il associe José. Et cette fois, ce n’est pas seulement une mort virtuelle qui est en jeu…

Il y a du Chester Himes dans ce roman ! Pas tant dans la forme de l’écriture : on est loin de la truculence pagnolesque de l’américain. Mais à coup sûr dans la façon dont Mabanckou raille les travers de cette petite communauté congolaise qui s’entasse dans un appartement parisien : on affiche une solidarité de façade, mais on se jalouse sans se l’avouer ; on survit de petites embrouilles, mais on veut paraître en s’achetant les plus belles fringues ; et on fait preuve d’une grande naïveté…

Mabanckou

Julien/José est un personnage attachant, qui se laisse griser par une vie qui lui paraît facile, et que Pedro peut manipuler à sa guise. Il a bien, de temps à autre, des éclairs de lucidité, mais le collectif et l’argent étouffent rapidement sa méfiance. On comprend que pour lui la chute sera plus dure.

De sa belle écriture, à travers ce roman noir, Alain Mabancjkou nous fait découvrir un bout de la communauté africaine de Paris. Il y met de la tendresse mais pas de complaisance. La critique est d’autant plus sévère qu’elle est suggérée plus qu’exprimée.

Belle découverte d’un roman aussi noir que caustique !

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus