05 août 2020 ~ 0 Commentaire

Humanité et Biodiversité – Promenade biodiverse (article extrait du site web de l’association)

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« les incroyables pouvoirs de la nature »

L’été caniculaire est propice aux lectures à l’ombre de mon tilleul. Et donc, je partage avec vous le plaisir de la promenade biodiverse que nous propose le journaliste Hugues Demeude dans son tout récent ouvrage « les incroyables pouvoirs de la nature ».

En parcourant les allées de près de 70 histoires, nous écoutons les propos passionnants de tant de scientifiques, nous décrivant l’immensité des chemins du vivant pour se perpétuer depuis 4 milliards d’années. Un seul moteur, mais des innombrables variations pour qu’il fonctionne : survivre et se perpétuer.

L’auteur explore, avec notre regard d’humain, huit chemins : se reproduire, croître, se nourrir, se déplacer, apprendre, se défendre, guérir, communiquer. Cet angle d’analyse nous aide à tenter de pénétrer ce que je me refuse à appeler l’ingéniosité du vivant, ni même son inventivité.

Côté humain, parmi les découvertes, le regard acéré et si curieux d’un Charles Darwin, prolifique écrivain : si nous connaissons tous (au moins de nom) son ouvrage maître, «l’origine des espèces », sait-on qu’il a écrit « la formation de la terre végétale par l’action des vers de terre, avec des observations de leurs habitudes » (1881) ou « de la fertilisation des orchidées par les insectes » (1862) ? Une immense leçon d’humilité : observer, analyser, tenter de comprendre, en tirer leçon. Jean-Claude Ameisen lui rend hommage chaque samedi dans son émission de radio sur France-Inter, en poursuivant sa quête de savoir : « sur les épaules de Darwin » (et dans son livre : « dans la lumière et les ombres. Darwin et le bouleversement du monde » / 2008).

Côté nature, tant de merveilles, depuis la reine termite qui pond 15 millions d’œufs par an pendant 40 ans, au peuplier-forêt découvert en Utah, aux États-Unis, être vivant depuis 80 000 ans, couvrant plus de 40 hectares. Comment tout citer ? Je butine en vous parlant des immenses réseaux de champignons, où circulent la nourriture des plantes ou des informations (l’auteur parle d’un « internet souterrain »), ou des symbioses de coraux et d’algues, créant des « microbiomes » complexes dont on peut penser qu’ils sont en capacité de s’adapter aux montées de températures en cours, ou des surprenantes capacités d’apprentissage des mésanges. Nos spécialistes des neurosciences, ou nos grands technologues rêvant d’intelligence artificielle gagneraient à étudier ce qui a été créé spontanément, par évolution, grâce aux milliards de milliards de milliards d’essais erreurs depuis si longtemps.

Et donc, pire qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine (qui l’aurait fait ainsi rentrer là?), nous pataugeons, écrasons, détruisons aveuglément, renouvelant chaque jour l’immense incendie de la bibliothèque d’Alexandrie. Quand arrêterons-nous notre autodafé quotidien ?
Et, chapeau, bravo à ces scientifiques qui étudient, observent, découvrent, etc. Il y a une telle immensité inconnue.

Je laisse Hugues Demeude conclure :
« la nécessité de tout mettre en œuvre afin de conserver la biodiversité – notamment à travers des mesures de protection plus vigoureuses et des changements de comportements -, n’est pas seulement liée au respect que nous devons au monde vivant. Cet impératif est également la clé pour parvenir à un authentique progrès collectif, non plus productiviste et techniciste, mais parcimonieux et biocoopératif, un progrès mieux géocentré pour en finir avec les égocentrismes. »

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