12 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

La Ferme des animaux, George Orwell, Belin-Gallimard – Formidable fable antitotalitaire

OrwellMon appréciation♥♥♥♥ / 5

Ma chronique sur Babelio : Le cochon Sage l’Ancien l’avait prédit peu avant de mourir : un jour les animaux de la Ferme du Manoir se révolteraient, en chasseraient les propriétaires, les Jones, et s’organiseraient entre eux pour la faire fonctionner avec une meilleure qualité de vie pour tous.

La prédiction se réalisera quelques mois plus tard : conduits par trois cochons, Boule de Neige et Napoléon, les deux leaders, et Brille-Babil, leur porte-parole, les animaux se rebellent contre la violence de Mr. Jones et ses sbires, et les obligent à fuir.

La ferme est rebaptisée Ferme des animaux, et des principes de fonctionnement démocratiques sont établis et acceptés par tous (bien que pas toujours compris…). Mais bien vite les deux leaders s’octroient quelques privilèges que Brille-Babil se charge de justifier aux yeux des autres…

OrwellAvec beaucoup de finesse et un humour caustique (on est plus près de Guy Bedos que de Raymond Devos), George Orwell dénonce les ficelles du totalitarisme et les travers de l’homme (si l’on veut bien accepter que les cochons de la fable ne sont que notre caricature), qui ne serait pas naturellement bon et désintéressé…

Avec le recul du temps (le roman a été écrit en 1943), on ne peut manquer de faire le parallèle avec l’histoire de la Russie et du communisme : il y a le vieux sage (Marx ou Lénine ?), le conflit entre deux leaders (Staline et Trotski ?), la garde rapprochée, et privilégiée autour du leader (le parti ?), la méfiance envers un environnement présenté comme hostile, ce qui justifie toutes les dérives, la capacité à ré-écrire l’histoire, et même « les blancs » qui passent à l’ennemi…

C’est d’ailleurs la faiblesse de l’oeuvre : elle est datée ! Nul doute que, dans la première moitié des années 1940, la fable a pu, et du, surprendre, sous la plume d’un homme se revendiquant  du socialisme. D’autant qu’à l’époque, l’URSS et les grands pays occidentaux étaient unis contre le nazisme. Aujourd’hui, sur le fond, la trame de l’oeuvre apparaît comme la chronique d’un échec annoncé, et aujourd’hui bien réel.

Restent la richesse de l’écriture de l’auteur, et, si l’on veut bien se projeter 80 ans en arrière, sa vision, pessimiste, de l’avenir…

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