23 juin 2020 ~ 0 Commentaire

N’en fait pas une affaire personnelle, Paula Marchioni, Eyrolles – Un bon sujet, un peu trop, ou pas assez, caricaturé

MarchioniMa note♥♥♥ / 5

Ma chronique sur Babelio : Bobette est nommée directrice d’une agence de publicité, La Bulle, au sein du groupe Chabadabada. Elle y remplace La Rousse, usée par le client unique de La Bulle, Super Power, responsable d’une branche du groupe de cosmétique NCC.

Le problème, pense Bobette, vient de ce que Super Power, en charge d’une ligne de produits dont les résultats ne sont pas bons, fait preuve d’une grande instabilité, jamais satisfaite de ce qu’on lui propose, même si l’idée vient d’elle. Bobette cherche alors à protéger son équipe, qu’elle baptise Les Chatons, en essayant de maîtriser l’énergie débordante mais incontrôlée de sa cliente. Elle y parvient tant bien que mal, grâce à l’aide et au soutien de son patron, Quentin l’Arbalète, de son ami Paul, de Psychiatre Préféré, son psy, de sa coach Coralie, de son compagnon Nounours et même de son père, décédé quelques mois plus tôt, à qui elle raconte par écrit ses déboires.

Bobette parvient à maintenir un équilibre précaire, jusqu’au jour où Super Power et NCC décident de remettre le contrat en concurrence. Au conflit entre le fournisseur et son client, viendront alors s’ajouter les tensions internes au groupe qui emploie Bobette…

Marchioni

Ce roman est un pamphlet sur certains modes de management que l’on peut observer en entreprise : priorité absolue aux finances ; dénigrement permanent de la valeur ajoutée des fournisseurs pour essayer de diminuer le montant des contrats ; abaissement des salariés à leur seul coût en oubliant leur apport réel à l’entreprise ; etc. Toutes pratiques qui ouvrent le champs aux déviances perverses. Je pense que nous serons nombreux à reconnaître une partie au moins de notre vécu professionnel dans ce texte.

J’ai, pour ma part, trouvé ce roman un peu « entre deux » : entre une face de réalisme, car même si l’auteure force parfois un peu le trait, ce qu’elle décrit est assez proche de situations existantes, et une autre face plus caricaturale, proche d’un humour sarcastique (Cf. les noms donnés aux acteurs de l’histoire, par exemple). Cette dichotomie nuit à la crédibilité du message que Paula Marchioni veut faire passer. Dommage, car l’argument du livre est intéressant et mériterait d’être mieux traité. La lecture n’en est pas particulièrement perturbée : le texte est fluide, rythmé, facile à lire ; on va au bout de la lecture sans difficulté.

Un très bon sujet de roman ; dommage que son traitement hésite enter réalisme et caricature…

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