25 avril 2020 ~ 0 Commentaire

Histoire de la Grande Maison, Charif Majdalani, Editions du Seuil/Points – Grandeur et décadence : une lente narration

CharifMa note : ♥♥♥ / 5

Ma chronique sur Babelio : Jeune chrétien libanais, Wakim Nassar est obligé de fuir le centre de Beyrouth pour avoir, vu de cette communauté, manqué de respect à une jeune arabe. Il est recueilli par une branche de la famille installée à Ayn Chir, à la périphérie de la ville. Dans cette région, la principale source de revenue est la culture des mûriers et l’élevage des vers à soie. Mais Wakim à une intuition : sur cette terre on pourrait cultiver des orangers. Il décide d’investir dans cette voie, créant même une variété de clémentine fort appréciée. Il fait construire la Grande Maison au milieu de ses vergers, y installe Hélène qu’il arrache presque de force à sa famille, et y voit naître ses nombreux enfants. Avec beaucoup de finesse, il devient progressivement le référent de la famille, toutes branches confondues, au détriment de son rival Gebran Nassar.

Mais survient la guerre de 1914-1918, le Liban est annexé par l’Empire ottoman. Des nuées de criquets détruisent toutes les cultures, provoquant la famine. Wakim Nassar et sa famille, jugés trop francophiles sont déportés en Anatolie turque. C’est le début de la déchéance, qui donnera à Gebran l’occasion de se venger et d’accélérer la chute de cette branche des Nassar.

Charif

L’histoire de Wakim Nassar et de sa famille, symbolisée par le destin de la Grande Maison, est contée par un de ses petits-fils, enfant du plus jeune des fils de Wakim et Hélène. Le récit est construit autour de bribes de souvenirs de discussions entendues dans l’enfance du narrateur, de confessions plus ou moins arrachées au père et d’enquêtes auprès des membres survivants de la famille. Le récit chronologique est entrecoupé de nombreux passages où le conteur explique comment l’information qu’il va délivrer a été obtenue. Il intègre également beaucoup de digressions sur le contexte sociologique, culturel, géographique et historique dans lequel évolue la famille.

Au final, cette histoire de la Grande Maison peint donc, au delà du cas particulier d’une famille et sous cet angle de vue, le portrait d’un pays, le Liban, à la fin du dix-neuvième siècle et dans les premières décennies du vingtième.

L’écriture de l’auteur n’est pas simple : en caricaturant à peine, je dirais que les phrases sont souvent plus longues que des paragraphes, et les paragraphes parfois aussi longs que des chapitres… Ajoutée aux nombreuses digressions du récit, cette forme d’écriture donne un sentiment de grande lenteur, alors que les personnages ont vécu une vie plutôt dynamique, riche en événements.

Un roman historique à lire lentement…

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