11 avril 2020 ~ 0 Commentaire

Mille femmes blanches, Jim Fergus, Le Cherche Midi Editeur/Pocket – Un coup de coeur !

FergusMa note : ♥♥♥♥ / 5

Ma chronique sur Babelio : En 1874, le chef Cheyenne Little Wolf propose au président Grant d’échanger mille femmes blanches contre autant de chevaux indiens. L’objectif est de faciliter l’intégration des tribus indiennes dans une société qu’elles ne comprennent pas. Officiellement, les blancs refusent avec indignation, mais le projet se met en place en secret.

Si quelques femmes se portent volontaires, la majorité d’entre-elles viennent des pénitenciers et des asiles. Parmi celles-ci, May Dodd, que sa famille, de la grande bourgeoisie de Chicago, a fait interner parce qu’elle a choisi de vivre hors mariage avec un ouvrier dont elle a eu deux enfants. May décrit dans son journal le voyage vers l’ouest, l’intégration dans la tribu qui l’accueille, la confrontation entre sa culture bourgeoise d’origine européenne et les traditions indiennes, sa vie auprès du chef Little Wolf, les trahisons des officiels blancs…

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Je connaissais Jim Fergus comme reporter et conteur de parties de chasse et de pêche dans les grand espaces américains. Il met ici sa connaissance du pays et sa plume au service d’une oeuvre très différente, un roman historique sur la dure confrontation entre les indiens, primo occupants, et les blancs, sûrs de leur force, avides d’espace et de richesse et sans respect pour ceux qu’ils considèrent et traitent comme des sauvages.

Le procédé narratif utilisé, la retranscription du journal mi intime, mi « de bord », de May Dodd, nous plonge  au coeur de la vie de ces femmes, qui croient partir en mission pour la paix, mais qu’on n’hésitera pas à laisser tomber. Le lecteur voyage avec elles jusque dans le grand ouest américain. Il s’installe ensuite avec May et ses amies dans la tribu Cheyenne de Little Wolf, où la vie est faite à la fois de grande tendresse et de dures violences.

La pudeur de May ne permet aucun voyeurisme, mais son caractère intègre n’autorise pas le mensonge sur les amours, les peurs ou les violences. Elle décrit sa vie et celle de ses amies, entre deux mondes, celui des blancs et celui des indiens, confrontées à tous leurs antagonismes.

Un très beau roman, d’où la civilisation américano-europénne sort vainqueur, mais pas grandie, de l’affrontement avec ceux qui étaient supposés être les sauvages. Un regard nuancé sur l’interpénétration de deux cultures dont l’une finira par quasi annihiler l’autre.

Un vrai coup de cœur !

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