22 mars 2020 ~ 0 Commentaire

Coup de gueule : Gestion de crise et effets de manche

CoronavirusIl est d’usage et de bon ton, en temps de crise, de faire se taire les divergences politiques. Ainsi va notre démocratie, et je m’en réjouis.

Il en est allé ainsi quand il a fallu se mobiliser contre le terrorisme. Il en va de même dans la crise qui nous concerne en ce moment. Il y a bien eu quelques barouds d’honneur au soir du samedi 14 mars, quand certains ténors de l’opposition, après avoir refusé deux jours plus tôt le report des élections municipales, se sont mis à le réclamer à cor et à cri… Depuis, seuls quelques extrémistes populistes tentent, ponctuellement, de faire entendre leur musique dissonante.

journalistesQu’à cela ne tienne ! Si les oppositions politiques renoncent aux effets de manche en temps de crise, d’autres relèvent le défi et reprennent le flambeau.

Je ne vise pas ici ceux qui, comme Edgar Morin dans l’Obs ou Jean-Philippe Dérosier pour la Fondation Jean Jaurès, tentent d’impulser des débats de fond sur les dysfonctionnements de nos sociétés que révèlent le coronavirus, sans chercher à perturber la gestion de crise.

J’en veux par contre à ces journalistes qui, sous couvert de transparence de l’information, cherchent l’erreur, tentent de démontrer que telle ou telle décision n’est pas judicieuse ou a été prise trop tardivement, essaient de pousser à la faute leurs interlocuteurs, de faire en sorte que dans les équipes de pilotage de la crise Pierre contredise Paul, sans même porter une réelle attention aux réponses qui leur sont données. Ce faisant, ils entretiennent l’idée « qu’on nous cache des choses » et contribuent à amplifier l’angoisse d’une population qui a besoin de calme et de sérénité pour appliquer les mesures de protection.

réseaux sociauxIl leur sera facile de répondre que s’ils n’adoptent pas cette attitude, les réseaux sociaux, que l’un d’entre eux a qualifié en substance de « à la fois la pire et la meilleure des choses », le feront à leur place. Mais c’est là abaisser le journalisme au niveau du caniveau, en faire l’égal de « la pire des choses » !

Incontestablement, il faudra tirer le bilan politique et sanitaire de la crise, et il serait fort étonnant qu’on conclue que tout a été parfaitement géré. Mais il faudra également faire le bilan de la manière dont la crise a été traitée dans les médias. Et je suis certain que le journalisme écrit, radiophonique et télévisé devra s’interroger sur son rapport à l’immédiateté et au sensationnalisme des réseaux sociaux !

La presse écrite a su s’adapter à l’arrivée de la radio et de la télévision. Le journalisme doit poursuivre la transformation provoquée par les réseaux sociaux, sans chercher à les copier.

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