09 mars 2020 ~ 0 Commentaire

A la trace, Olivier Tesquet, Premier Parallèle – Essai sur l’incompatibilité entre nouvelles technologies et libertés individuelles

traceMa note : ♥♥♥♥ / 5

Ma chronique sur Babelio : Dans la première partie de son livre, nommée « Contrôler, Olivier Tesquet montre que depuis les prémices de la carte d’identité, il y a plus de trois siècles, jusqu’aux grandes bases de données de leurs clients que créent les opérateurs Internet (Google, Facebook, Amazon…) et auxquelles les agences de sécurité (NSA aux États-Unis, DGSI en France) font plus que s’intéresser, l’objectif du fichage est bien de contrôler les individus, mais également de prédire leur avenir et leur comportement. On cherche à savoir à la fois ce qu’ils sont, et ce qu’ils peuvent devenir : évaluer les risques de défaillance financière, de passage à l’acte délictueux ou terroriste, ou estimer un comportement d’achat probable, pour ne donner que quelques exemples.

Dans la seconde partie, baptisée « Capitaliser », l’auteur montre le rôle des start-up de la Silicon Valley, certaines devenues des géants de la bourse, dans l’industrie de la donnée : de l’invention du microprocesseur, devenu omniprésent dans le moindre appareil ou gadget, qui permet la collecte des données, jusqu’aux algorithmes qui permettent le traitement de gigantesques volumes de données, en passant par le stockage (le big data ) et l’achat ou a vente de données (les data brockers).

tesquetDans la troisième partie, appelée « Atomiser », Olivier Tesquet démontre que en raison de l’enregistrement de données personnelles par les smartphone, la vidéosurveillance et les réseaux sociaux, la vie privée des utilisateurs se rétrécit. Elle est mise en balance, souvent de façon cachée, avec l’offre de nouveaux services supposées augmenter le confort des individus.

Dans la quatrième et dernière partie, l’auteur s’interroge : peut-on s’opposer à ce mouvement qui pousse à une surveillance de plus en plus fine des individus. Même s’il montre que des possibilités existent, O. Tesquet ne semble pas trop y croire, démontrant que les pouvoirs ont toujours su agir dans l’ombre et le secret. Sa conclusion est donc très dubitative…

Les interrogations de l’auteur me semblent justifiées et, un peu comme lui, je ne crois pas que ce soit en s’opposant aux développements des nouvelles technologies qu’on pourra répondre à la question du traçage ou du fichage des individus, donc à l’atteinte à leurs libertés individuelles. D’autres moyens existent, qui s’appellent élargissement de la démocratie et du contrôle par les citoyens ; mais ce serait l’objet d’un autre livre !

Sur le contenu, même si l’instruction est un peu faite à charge, c’est un ouvrage fort bien documenté, pas simple, mais qui se laisse lire et qui me semble accessible aux personnes intéressées, même si elles ne possèdent pas de compétences technologiques pointues. L’auteur aurait pu faciliter la compréhension et l’appropriation de ses messages en ajoutant une introduction à chaque partie, précisant quels sont les messages principaux et la façon dont ils sont démontrés.

Un ouvrage utile et intéressant, même si l’auteur a un parti pris évident…

 

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