17 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

Démocratie Vivante – Infolettre n°108

DVPar Dominique Villemot

Démocratie Vivante a pour objet d’être un espace de réflexion et une force de propositions sur les réformes que le quinquennat d’Emmanuel Macron doit permettre de réaliser pour faire avancer la France et l’Europe sur la voie de la rénovation démocratique, de la justice sociale et du progrès partagé.

Sujets traités :

  • POLITIQUE - FAUT-IL AVOIR PEUR DU CANADA ET DU MERCOSUR ?
  • EUROPE - LA DROITE DE RETOUR AU POUVOIR EN GRECE
  • ECONOMIE - LA QUASI-FAILLITE DE LA DEUTSCHE BANK OU L’AVEUGLEMENT ALLEMAND
  • DEVELOPPEMENT DURABLE - LE GOUVERNEMENT A PRESENTE SON PROJET DE LOI CONTRE LE GASPILLAGE
  • FISCALITE - LE GOUVERNEMENT ANNONCE UNE ECOCONTRIBUTION SUR LES BILLETS D’AVION

La lettre complète :

POLITIQUE

FAUT-IL AVOIR PEUR DU CANADA ET DU MERCOSUR ?

Les accords de libre-échange récemment signés par l’Union européenne (rappelons que les négociations commerciales internationales relèvent de la seule compétence de l’Union, la Commission négociant sur la base d’un mandat donné par les Etats membres.) déclenchent de fortes réactions hostiles en France, notamment à gauche et surtout chez les écologistes. C’est le cas du CETA, l’accord de libre-échange avec le Canada, qui vient devant notre Parlement demain 17 juillet pour être ratifiée, et de l’accord avec le Mercosur. Les craintes exprimées concernent les risques économiques pour certains secteurs de notre économie, particulièrement l’agriculture s’agissant du Mercosur, et sur les normes environnementales, le Canada et le Brésil étant perçus en France comme ne respectant pas ces normes dans différents domaines. L’inquiétude vient notamment du fait que les viandes canadiennes sont dangereuses pour la santé car elles contiennent des hormones et des antibiotiques utilisés pour alimenter les animaux. De même, l’exploitation des schistes bitumineux par le Canada fait craindre que nous recevions sur nos marchés des produits élaborés à partir de ces schistes. Le Canada bénéficiait il y a quelques années d’une image plutôt positive en matière écologique, mais la politique du gouvernement conservateurs de Stephen Harper, notamment l’exploitation des schistes bitumineux et le refus de signer l’accord de Paris, ont beaucoup terni cette image. L’arrivée au pouvoir du libéral Justin Trudeau à l’automne 2015, juste à temps pour que le Canada puisse finalement signer l’accord de Paris, a un peu redressé cette image, mais les principales préoccupations en matière de santé alimentaire demeurent. Et puis les élections prévues cet automne pourraient ramener au pouvoir les conservateurs, ce qui n’est pas rassurant. Quant au Mercosur, c’est l’attitude du Brésil vis-à-vis de la forêt amazonienne qui inquiète et aussi les déclarations de Bolsonaro en faveur du travail des enfants. Toutes ces interrogations sont justifiées, mais il ne faut pas surestimer l’enjeu. Autant un accord de libre-échange avec les Etats-Unis pourrait ébranler notre modèle social et écologique, du fait de la taille et de la puissance de ce pays, autant il faut raison garder quand on parle du Canada ou du Mercosur. La population du Canda représente moins de 10% de la population de l’Union européenne et le commerce entre le Canada et l’Union européenne est très faible, le Canada réalisant l’essentiel de ses échanges commerciaux avec les Etats-Unis. En réalité seuls le Québec et la France sont réellement concernés. Quant aux pays du Mercosur, ils font l’essentiel de leurs échanges avec l’Espagne et le Portugal. Mais ces craintes sont révélatrices de l’état d’esprit de l’opinion publique française. Nous l’avons déjà écrit plusieurs fois ici, les Français ont des exigences en matière sociale et écologique nettement supérieures à celles des autres peuples, européens ou d’autres continents. Les Français sont aussi beaucoup moins favorables au libéralisme économique que les autres populations. Alors que la mondialisation est souvent perçue ailleurs comme une opportunité, elle vue en France comme une menace. En réalité, la France est coupée en deux. Une bonne partie des Français bénéficient de la mondialisation en travaillant dans des secteurs ouverts à l’international ou en voyageant comme touristes ou comme étudiants via le programme Erasmus. En revanche, une autre partie, la moins favorisée, n’a pas les moyens de bénéficier des avantages de la mondialisation, quand elle n’en subit pas les conséquences (délocalisations d’emplois à l’étranger). L’élection présidentielle de 2017 s’est faite sur ce thème. Au second tour deux tiers des Français ont voté pour Emmanuel Marcon, le candidat de l’ouverture, et un tiers pour Marine Le Pen, la candidate du repli sur soi. Emmanuel Macron est arrivé en tête dans toutes les catégories socioprofessionnelles, sauf chez les ouvriers où Marine Le Pen est arrivée en tête. Le défi de la démocratie française, mais aussi de celle d’autres pays, comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou l’Italie, est de réduire cette fracture et de faire en sorte que l’ouverture internationale ne laisse plus une partie de la population sur le bord de la route.

EUROPE

LA DROITE DE RETOUR AU POUVOIR EN GRECE

Les élections législatives grecques du 7 juillet ont confirmé la victoire annoncée par les sondages de la Nouvelle Démocratie, parti de droite qui a souvent été au gouvernement depuis 1974, en alternance avec la gauche (PASOK, puis Syriza). Alexis Tsipras, le premier ministre de Syriza, parti de gauche, aura dirigé le pays pendant quatre ans et demi et aura rétabli la situation économique et financière de la Grèce, lui permettant de retourner se financer sur les marchés et de retrouver le chemin de la croissance. Il l’aura fait en augmentant massivement les impôts. Les électeurs lui ont reproché ces augmentations d’impôts et aussi d’avoir cédé devant les exigences de la Troïka (Commission européenne, BCE et FMI). Il aura fait le travail difficile, comme, d’une certaine manière, Gerhard Schröder en Allemagne et François Hollande en France. Le nouveau premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, a été élu sur un programme de baisses d’impôts. Il va lui falloir maintenant convaincre Bruxelles de ne pas respecter les engagements budgétaires pris par son prédécesseur. Cela n’est pas gagné.

 

ECONOMIE 

LA QUASI-FAILLITE DE LA DEUTSCHE BANK OU L’AVEUGLEMENT ALLEMAND

Le 7 juillet le président de la Deutsche Bank a annoncé un vaste plan de restructuration : 18.000 postes seront supprimés, Deutsche Bank sortira des activités de marchés sur les actions, dont une partie sera cédée à BNP Paribas. Les coûts de cette restructuration, incluant les dépréciations d’actifs et les indemnités de départ (7,4 milliards d’euros sur quatre ans, dont 5,1 milliards dès cette année) se traduiront par une perte nette de 2,8 milliards au deuxième trimestre 2019. Les actifs indésirables (74 milliards d’euros) seront logés dans une structure de défaisance (« bad bank »). Tout cela a pour objectif d’éviter la faillite de la banque. Ce plan de restructuration signe l’échec du modèle financier allemand. En trainant des pieds sur l’Union bancaire et en alertant sur la situation des systèmes bancaires italien, espagnol et grec l’Allemagne a fait preuve d’aveuglement.

 

DEVELOPPEMENT DURABLE

LE GOUVERNEMENT A PRESENTE SON PROJET DE LOI CONTRE LE GASPILLAGE 

Avec son projet de loi « relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire », présenté le 10 juillet le gouvernement entend « construire l’écologie du quotidien » et « entrer dans l’économie du XXIe siècle ». Il s’agit de passer d’un modèle linéaire (« j’extrais, je consomme, je jette ») à un modèle circulaire (« j’extrais moins, je consomme mieux, je répare et recycle »), un objectif qui figure en tête du code de l’environnement depuis la loi de transition énergétique de 2015. Brune Poirson, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, qui a préparé et porté depuis deux ans ce texte, le juge « bon pour la planète, le portefeuille des Français, et juste ». Face à la fronde déjà vive des acteurs économiques qui seront appelés à payer plus pour la gestion des déchets, l’exécutif pourra rappeler qu’il est tenu de transposer des directives européennes adoptées en 2018 : elles ont pour objectif de promouvoir une économie circulaire en Europe. Le texte, qui sera examiné par le Parlement à la rentrée, encourage la réparation des produits, améliore l’information des consommateurs sur leur qualité environnementale, interdit la destruction des invendus non alimentaires, renforce la responsabilité des industriels dans la gestion des déchets, lutte contre les dépôts sauvages dans la nature, ou prévoit un retour de la consigne

 

FISCALITE

LE GOUVERNEMENT ANNONCE UNE ECOCONTRIBUTION SUR LES BILLETS D’AVION

La ministre des transports, Elisabeth Borne, a annoncé, le 9 juillet, la création d’une écocontribution. Cette ponction supplémentaire sur l’économie des compagnies aériennes sera mise en œuvre à partir de 2020. Elle s’appliquera à tous les vols au départ de la France. Selon le gouvernement, elle devrait rapporter environ 180 millions d’euros par an. Un montant qui devrait être affecté au financement des transports du quotidien. La ministre a assuré que cette nouvelle taxe sera « progressive ». Dans le détail, les vols intérieurs ou intra-européens en classe économique seront soumis à une contribution supplémentaire de 1,5 euro par billet. En revanche, le montant de cette contribution « pourra aller jusqu’à 18 euros sur un vol hors Union européenne en classe affaires », a indiqué Mme Borne. Seuls seront exonérés les vols en correspondance, les vols intérieurs au départ ou à destination de la Corse, les lignes vers l’outre-mer ainsi que les « liaisons d’aménagement du territoire », nécessaires au désenclavement. Il s’agit de la première taxe créée depuis le mouvement des gilets jaunes.

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