11 juin 2019 ~ 0 Commentaire

Démocratie Vivante – Infolettre n°103

DVPar Dominique Villemot

Démocratie Vivante a pour objet d’être un espace de réflexion et une force de propositions sur les réformes que le quinquennat d’Emmanuel Macron doit permettre de réaliser pour faire avancer la France et l’Europe sur la voie de la rénovation démocratique, de la justice sociale et du progrès partagé.

Sujets traités :

  • POLITIQUE - L’ECOLOGIE, ARBITRE DE LA SITUATION POLITIQUE
  • EUROPE - LA COMMISSION ENGAGE UNE PROCEDURE POUR DEFICIT EXCESIF CONTRE L’ITALIE
  • ECONOMIE - BRUNO LEMAIRE RESPONSABLE DE L’ECHEC DE LA FUSION RENAULT/FIAT ?
  • DEVELOPPEMENT DURABLE - FEU VERT DEFINITIF AUX EOLIENNES OFF-SHORE DE SAINT-NAZAIRE
  • FISCALITE - GERALD DARMANIN VEUT AUGMENTER DE 30% LES POINTS DE CONTACTS DE L’ADMINISTRATION FISCALE

La lettre complète :

POLITIQUE

L’ECOLOGIE, ARBITRE DE LA SITUATION POLITIQUE

Depuis le 26 mai au soir les écologistes, et tout particulièrement Yannick Jadot, se sentent pousser des ailes. Avec leur excellent score aux élections européennes (13,4%), ils se voient comme les arbitres des futures élections, notamment des municipales de l’an prochain et de la présidentielle de 2022. En effet la droite et le PS sont KO debout et En Marche, qui est au cœur de la carte politique, a besoin d’alliés. Jusqu’à présent les écologistes faisaient partie de la gauche et faisaient partie avec le PS de majorités qui gouvernaient plusieurs municipalités, dont Paris. Ils avaient cependant déjà pris leurs distances d’avec la gauche dénonçant l’hégémonie du PS, hégémonie qui n’existe plus. Aujourd’hui les écologistes sont plus forts que le PS et sont en situation d’arbitre entre celui-ci et En Marche. C’est notamment le cas à Paris où les élections européennes ont montré que Paris était dominé par deux forces politiques : les écologistes et En Marche.

Yannick Jadot a certes raison d’y croire, mais il ne doit pas oublier le précédent de 2009. A l’époque les écologistes, emmenés par Daniel Cohn-Bendit, avaient obtenu un score encore meilleur aux élections européennes (16,3%) à égalité avec le PS. Trois ans après, François Hollande remportait l’élection présidentielle. Et la candidate soutenue par les écologistes, Eva Joly, n’atteignait pas les 2%. Les écologistes sont perçus par l’opinion publique comme sympathiques et on vote pour eux aux élections européennes qui sont pour les Français beaucoup moins importantes que l’élection présidentielle ou les élections municipales. Et surtout, Yannick Jadot a su réunir sur son nom deux électorats très différents : un électorat centriste proeuropéen, qui avait voté Emmanuel Macron en 2017, et un électorat très à gauche et eurosceptique qui avait voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2017. De ce fait, il a intérêt à refuser toute alliance, du moins au premier tour car s’il annonce qu’il s’inscrit dans une stratégie d’union de la gauche, il perdra son électorat centriste. A l’inverse, s’il annonce qu’il s’allie avec En Marche, ce qui se passera peut-être au Parlement européen, mais uniquement à ce niveau, il perdra son électorat de gauche. Dilemme difficile qui va demander à Yannick Jadot de faire preuve de diplomatie et d’habileté. Pour le moment c’est sur sa gauche qu’il peut gagner des voix avec le retrait de la vie politique de Benoît Hamon et l’effondrement de la France insoumise. Paris va constituer un test. Les écologistes partiront à la bataille seuls au premier tour, certes comme en 2001, 2008 et 2014, mais ces trois années là il était clair qu’il y aurait une fusion des listes PS et écologistes au second tour. Ce ne sera pas le cas cette fois-ci, ce qui est une mauvaise nouvelle pour Anne Hidalgo. Mais cette dernière pourrait sauver son fauteuil si En Marche conclut une alliance avec la droite, faisant ainsi fuir les électeurs d’En Marche venus de la gauche. Les élus de droite à Paris sont en effet catastrophés et veulent sauver leurs sièges en s’alliant à Emmanuel Macron, comme beaucoup de maires de droite, quitte, une fois réélus, à critiquer Emmanuel Macron ensuite si sa popularité revenait à baisser. En Marche doit faire très attention et ne pas servir de sauveur à la droite. Il lui faut rester au centre du jeu politique et continuer à être et de droite mais aussi de gauche et écologiste. Le gouvernement doit verdir sa politique pour essayer de récupérer ses électeurs qui ont voté écologistes car déçus par la politique perçue trop libérale du début du quinquennat.

EUROPE

LA COMMISSION ENGAGE UNE PROCEDURE POUR DEFICIT EXCESIF CONTRE L’ITALIE

La Commission européennea conclu, mercredi 5 juin, que l’Italiene respectait pas les règles budgétaires de l’Union en raison de l’augmentation de sa dette publique, une situation qui justifie selon elle l’ouverture d’une procédure disciplinaire. Si les États membres valident cette conclusion dans les deux semaines à venir, la Commission pourra recommander l’ouverture formelle de la procédure avant la réunion des ministres des Finances de l’UE début juillet. Pour la Commission, l’Italie est en train de revenir sur ses engagements en matière de réformes structurelles et de réforme des retraites. Cela « pourrait affecter négativement le potentiel de croissance de l’Italie », a déclaré l’exécutif européen. La dette publique de l’Italie a atteint 132,2 % l’an dernier et pourrait encore augmenter à 133,7 % cette année et 135,2 % en 2020, selon les dernières prévisions de la Commission. L’ouverture d’une procédure pour déficit excessif ne sera effective qu’au terme d’un processus complexe nécessitant l’approbation des autres États membres. Mais elle peut aboutir à terme à des sanctions allant jusqu’à 0,2 % de son PIB, soit environ 3,5 milliards d’euros, sanctions qui n’ont jusqu’à présent jamais été appliquées à aucun Etat membre. Un dialogue devrait maintenant s’ouvrir entre la Commission et la coalition populiste au pouvoir en Italie, qui réunit la Ligue (extrême droite, dirigée par le vice-président du Conseil Matteo Salvini) et leMouvement Cinq Étoiles(M5S, antisystème), en désaccord sur l’attitude à adopter. Constitué il y a un an, le gouvernement d’union, déjà handicapé par les profondes différences entre les deux alliés, chancèle depuis les élections européennes du 26 mai, qui ont modifié le rapport de force.

 

ECONOMIE 

BRUNO LEMAIRE RESPONSABLE DE L’ECHEC DE LA FUSION RENAULT/FIAT ?

Renault s’est réveillé groggy jeudi 6 juin matin. Alors que Jean-Dominique Senard, le président de Renault, pensait son projet de grand mariage à 50-50 avec Fiat Chrysler Automobiles sur les rails, la réunion du conseil d’administration censé approuver l’opération s’est terminé par un fiasco complet. Face à la demande de l’Etat français d’un délai supplémentaire pour donner son feu vert, les Agnelli, qui détiennent 29 % de FCA, ont préféré retirer purement et simplement leur offre. L’Etat français, c’est-à-dire Bercy, (détenteur de 15 % du Losange) commençait au fond à se poser des questions sur le bien-fondé de la fusion- notamment après l’ultimatum de Fiat « c’est à prendre ou à laisser ! »L’opération avait soulevé une salve de critiques dans l’Hexagone, de la part de nombreux experts de l’automobile, d’analystes financiers ou d’anciens dirigeants du Losange. Tous ont souligné les valorisations déséquilibrées en faveur de FCA, les synergies douteuses, les risques d’exécution. Bruno Lemaire avait posé ses conditions : il faudra que l’empreinte industrielle soit préservée, que la gouvernance soit équilibrée, que le futur groupe participe au projet européen de batteries. Et, surtout, que l’opération s’inscrive dans le respect de l’Alliance Renault-Nissan ». Dans l’entourage de Jean-Dominique Senard qui reste convaincu de l’intérêt de la proposition des Agnelli, on reconnaît que la situation est délicate : « Que les actionnaires principaux ne soutiennent pas au dernier moment l’opération validée par le conseil, c’est compliqué ». C’est un nouveau coup dur pour Renault, après l’affaire Carlos Ghosn. C’est aussi un coup dur pour Jean-Dominique Senard, fragilisé à peine nommé à la tête de Renault.

 

DEVELOPPEMENT DURABLE

FEU VERT DEFINITIF AUX EOLIENNES OFF-SHORE DE SAINT-NAZAIRE

Le 7 juin le Conseil d’Etat a rejeté le dernier recours contre le parc éolien off-shore prévu au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), qui devrait entrer en fonction en 2022, au grand soulagement de la filière française des énergies renouvelables.La décision met fin à 7 années de procédures et d’attente pour Eolien Maritime France, le consortium composé de EDF renouvelables et Enbridge. Ce sera le premier parc off-shore de France.

 

FISCALITE

GERALD DARMANIN VEUT AUGMENTER DE 30% LES POINTS DE CONTACTS DE L’ADMINISTRATION FISCALE 

Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a indiqué vouloir augmenter de 30 % le nombre d’accueils de proximité des impôts dans le cadre de la réforme de l’administration fiscale, qui devrait se traduire selon les syndicats par une « chute » du nombre de trésoreries.Cette réforme consiste en effet à supprimer plusieurs milliers d’emplois à la DGFIP qui compte 3.600 implantations et qui est quasiment la seule administration à participer de manière significative à la réduction du nombre d’emplois de fonctionnaires (2.000 suppressions d’emplois par an en moyenne depuis dix ans). L’annonce de Gérald Darmanin s’inscrit dans le projet d’Emmanuel Macron de créer des maisons France service.

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