24 avril 2019 ~ 0 Commentaire

Démocratie Vivante – Infolettre n°96

DVPar Dominique Villemot

Démocratie Vivante a pour objet d’être un espace de réflexion et une force de propositions sur les réformes que le quinquennat d’Emmanuel Macron doit permettre de réaliser pour faire avancer la France et l’Europe sur la voie de la rénovation démocratique, de la justice sociale et du progrès partagé.

Sujets traités : 

  • POLITIQUE - EN ATTENDANT MACRON
  • EUROPE - SI LES ELECTIONS EUROPENNES ONT LIEU AU ROYAUME-UNI ELLES PROFITERONT AU PARTI DU BREXIT
  • ECONOMIE  - LA FAIBLESSE DE LA PRODUCTIVITE ET DE LA FORMATION DES FRANCAIS MET EN PERIL NOTRE ETAT PROVIDENCE 
  • DEVELOPPEMENT DURABLE - DES MILITANTS ECOLOGISTES BLOQUENT LE SIEGE DE TROIS GRANDES ENTREPRISES
  • FISCALITE - LES PROBABLES MESURES FISCALES SUITE AU GRAND DEBAT

La lettre complète :

POLITIQUE

EN ATTENDANT MACRON

Depuis la fin du grand débat et dans la logique de la Vème République, tous les regards se portent vers Emmanuel Macron. L’incendie de Notre-Dame de Paris a reporté l’intervention du président, transformant l’attente en impatience. Le poids pesant sur les épaules d’Emmanuel Macron sera donc encore plus lourd jeudi lorsqu’il animera sa conférence de presse. D’autant plus que des fuites ont révélé ce qu’Emmanuel Macron aurait dû annoncer le 15 avril s’il n’y avait pas eu l’incendie de Notre-Dame. Les fuites font ressortir toute une série de mesures, sans qu’on y voie de souffle ni de ligne de conduite. Nous n’avons cependant pas vu l’enregistrement de l’intervention. Gageons que le président s’attachera jeudi à tracer la ligne. On n’y voit pas non plus d’effet « Waouh », sauf la suppression de l’ENA, mesure qui, selon les sondages, ne recueille pas le soutien des Français. C’est probablement parce que cela ne changera pas leur vie quotidienne et aussi parce que leur préoccupation ne concerne pas la formation des hauts fonctionnaires, mais la représentativité de la classe politique. En effet celle-ci ne comporte pas de représentants des milieux populaires et ouvriers et très peu de représentants des minorités que l’on appelle visibles. Nous souhaitons qu’il condamne très fermement les débordements inadmissibles des manifestant qui appellent les policiers au suicide, alors que justement on constate une augmentation parmi les policiers qui doivent à la fois veiller à ce que ne se reproduise pas un attentat terroriste, à ce que les manifestations des gilets jaunes ne débouchent plus sur les violences que nous avons connues et à faire face à l’augmentation de la délinquance actuelle. En démocratie, on a le droit de critiquer la politique du gouvernement en matière de sécurité, mais on n’a pas le droit de proférer de telles horreurs contre des femmes et des hommes qui font leur travail dans des conditions si difficiles. Nous nous réjouissons des mesures qu’il devrait annoncer, selon les fuites : ré-indexation des retraites inférieures à 2000 euros, baisse de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes financée par une réduction des niches fiscales, engagement de ne plus fermer de classes d’écoles ni d’hôpital d’ici la fin du quinquennat, pérennisation de la prime exceptionnelle de 1000 euros défiscalisée et désocialisée, évaluation de l’ISF…Il annoncera probablement d’autres mesures et très probablement il définira un cap. Nous nous félicitons aussi du retour des conférences sociales avec les partenaires sociaux, que nous appelons de nos vœux depuis longtemps, mais nous attendons des précisions sur le contour exact de ce que le président entend faire. Enfin Emmanuel Macron annoncerait qu’il faut travailler plus, mais nous ne savons pas ce que cela recouvre. Depuis des semaines s’est ouvert un débat sur la nécessité de travailler plus longtemps, pour financer nos retraites ou pour financer la dépendance. On n’imagine pas Emmanuel Macron revenir sur sa promesse de campagne de ne pas toucher à l’âge légal de départ à la retraite de 62 ans, et ce d’autant plus qu’aujourd’hui l’âge moyen de départ à la retraite est déjà supérieur (il est de 63 ans). Va-t-il proposer une augmentation de la durée de cotisation, qui est de 42 ans, mais que François Hollande a déjà augmenté à 43 ans pour les générations nées à compter de 1973 ? Dans les deux cas, cela passe au préalable par l’augmentation de l’emploi des seniors. Va-t-il revenir sur les 35 heures ? Mais les mesures prises sous les quatre quinquennats, dont la loi El Khomri sous François Hollande ou les ordonnances Macron, qui ont suivi le gouvernement de Lionel Jospin ont déjà complètement déverrouillé les 35 heures, ce qui fait qu’en moyenne aujourd’hui les Français travaillent 39,1 heures par semaine. Travailler un jour de plus ? Mais la mesure prise sous le gouvernement Raffarin montre que travailler un jour férié ou de RTT de plus ne rapporte que 2,1 milliards par an. En réalité l’enjeu n’ est pas de faire travailler plus ceux qui ont un emploi mais de fournir plus de travail à ceux qui n’en ont pas assez (chômeurs et salariés à temps partiel), ce qui est favorable à la croissance à la production des richesses et aux rentrées d’impôts et de cotisations sociales Quelle que soit la mesure retenue, elle ne devra pas être injuste ni solliciter toujours les mêmes.

En attendant Macron.

EUROPE

SI LES ELECTIONS EUROPENNES ONT LIEU AU ROYAUME-UNI ELLES PROFITERONT AU PARTI DU BREXIT

Initialement prévu le 29 mars, à l’issue du référendum de juin 2016, le Brexit a été une première fois reporté au 12 avril, puis au 31 octobre. Ce délai peut cependant à tout moment être raccourci si les députés britanniques adoptent l’accord de divorce conclu par Theresa May avec Bruxelles. Mais s’ils ne l’ont pas fait avant le 23 mai, ce qui est fort probable, les Britanniques devront élire des représentants au Parlement européen. Le Parti du Brexit, mené par l’eurosceptique Nigel Farage, est donné favori pour les élections européennes en principe prévues le 23 mai. Il arrive en tête avec 27 % des intentions de vote, devant le parti travailliste (22 %) et conservateur (15 %), selon un sondage de l’institut YouGov réalisé les 15 et 16 avril

ECONOMIE  

LA FAIBLESSE DE LA PRODUCTIVITE ET DE LA FORMATION DES FRANCAIS MET EN PERIL NOTRE ETAT PROVIDENCE 

Dans son premier rapport publié ce jeudi, le Conseil national de productivité (CNP), créé en 2018 à la demande du Conseil de l’Union européenne dans chaque Etat membre, reconnaît que « la France est un pays avec un niveau élevé de productivité semblable à celui de l’Allemagne ». Mais la productivité d’une heure de travail n’a progressé que de 0,8 % par an en moyenne entre 2012 et 2017. Ce qui, à terme, met en danger le financement de l’Etat-providence. « Un dixième de point de gains de productivité en moins sur trente ans change tout dans le scénario que l’on peut faire sur la viabilité économique du système de retraite », souligne Philippe Martin, président du CNP. Mais « le point spécifique à la France, c’est l’insuffisance des compétences de la population », selon Philippe Martin. Le rapport souligne ainsi « une déqualification au fil de la vie active, notamment par manque de formation continue et en particulier chez les salariés les plus précaires ». Or, poursuit le président du CNP, « le niveau des Français ne rattrape pas les pays de tête de l’OCDE et c’est très inquiétant ». Car, en clair, un niveau en langues étrangères, mathématiques et français qui baisse à l’entrée en sixième, c’est le risque de voir le niveau de vie du pays reculer à long terme.Le rapport pointe aussi un déficit de compétence des dirigeants. « Les enquêtes sur la qualité du management et des pratiques organisationnelles au sein des entreprises révèlent un score moyen de la France dans ce domaine ». Les entreprises françaises seraient « relativement moins performantes sur les aspects humains du management »que dans les autres pays développés, notamment en matière d’autonomie des salariés et d’organisation du travail.

 

DEVELOPPEMENT DURABLE

DES MILITANTS ECOLOGISTES BLOQUENT LE SIEGE DE TROIS GRANDES ENTREPRISES

Plus de 2000 militants écologiques ont occupé l’esplanade de la Défense à Paris le 19 avril, bloquant les sièges de trois grandes entreprises. Comme à Londres, ces activistes du mouvement Extinction Rebellion multiplient les actions non-violentes pour « perturber la vie des gens » et, revendiquent-ils, éveiller les consciences. Au terme de la « semaine internationale de rébellion » lancée par le mouvement non-violent Extinction Rebellion, des militants écologistes se sont rassemblés ce vendredi pour dénoncer « l’inaction face au réchauffement ». Une vaste opération de désobéissance civile s’est déroulée le 19 avril en région parisienne, organisée par Greenpeace, ANV-COP21, les Amis de la Terre et soutenue par onze ONG dont Extinction Rebellion France. Plus de 2000 manifestants ont investi le quartier d’affaires de la Défense. Ils ont bloqué les sièges de trois grandes entreprises, Total, La Société Générale, EDF, ainsi que le ministère de la transition écologique.

 

FISCALITE

LES PROBABLES MESURES FISCALES SUITE AU GRAND DEBAT

L’allocution que devait prononcer Emmanuel Macron le 15 avril au soir par laquelle il devait annoncer les mesures qu’il retient suite au grand débat a été annulée du fait de l’incendie de Notre-Dame. Il semble que l’enregistrement de son allocution ait circulé et qu’il ait prévu d’annoncer une baisse de l’impôt sur le revenu des contribuables imposés au bas du barème. En effet, la baisse de l’impôt sur le revenu sous le gouvernement de Manuel Valls avait consisté en la suppression des premières tranches du barème, ce qui fait que le taux de la première tranche est aujourd’hui très élevé (14%). L’idée serait d’instaurer une entrée moins brutale dans le barème en créant deux tranches à 5 puis 10%. Le coût budgétaire serait financé par une baisse des niches fiscales, mais on ne connaît pas le dispositif retenu.

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