21 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

Démocratie Vivante – Le retour aux sources du macronisme

DVTribune de JACKY BONTEMS / vice-président de Démocratie VivanteAUDE DE CASTET / vice-présidente de Démocratie VivanteDOMINIQUE VILLEMOT/ Président du think-tank Démocratie Vivante

Dans Les Echos le 21/12/2018

 

LE CERCLE/POINT DE VUE – Après un début de quinquennat marqué par des mesures « de droite », Emmanuel Macron renoue maintenant avec son inspiration d’origine.

Les mesures annoncées par Emmanuel Macron lors de son  allocution télévisée du 10 décembre marquent le retour à l’inspiration d’origine du macronisme. En effet, le macronisme est né à gauche. Emmanuel Macron était ministre du gouvernement de François Hollande et ses premiers soutiens, Richard Ferrand, Gérard Collomb, Christophe Castaner, Benjamin Griveaux, venaient du Parti socialiste.

L’inspiration du programme d’Emmanuel Macron était largement fondée sur la rénovation démocratique et le progrès social. Progrès social et libéralisme économique, protéger et libérer, voilà quelles étaient les deux jambes du macronisme, qui se situait en 2017 au centre gauche.

Libérer et protéger

Mais le début du quinquennat a favorisé le « libérer » plutôt que le « protéger » : réforme du  Code du travail ,  suppression de l’ISF et instauration de la flat tax sur les revenus du capital. Parallèlement, la fiscalité des Français était accrue avec  la hausse de la CSG sur les retraites et l’augmentation de la fiscalité sur l’essence, alors que la suppression des charges sociales salariales, prévue pour le 1er janvier 2018 était décalée au 1er octobre.

Le dialogue social avec les partenaires sociaux était négligé et la démocratie participative qui caractérisait En Marche était oubliée. Et le ministère le plus puissant, Bercy, était confié à des hommes de droite.

 Dans le « et de gauche et de droite », beaucoup ont eu le sentiment que le « et de gauche » était trop faible. Cela était assez habile politiquement, car cela a déstabilisé la droite, alors que la gauche n’était pas en état de se reconstruire. Mais une bonne partie des classes populaires ne s’y retrouvait pas.
 
Président du pouvoir d’achat

Nous nous félicitons donc des mesures fiscales et sociales annoncées :  forte hausse de la prime d’activité début janvier, possibilité de verser  une prime exonérée d’impôt et de charges sociales jusqu’à 1.000 euros, exonération d’impôt et de charges sociales des heures supplémentaires, suppression de la hausse de CSG pour les pensions de retraite inférieures à 2.000 euros, annulation de la hausse des taxes sur l’essence prévue au 1er janvier 2019, création d’une taxe sur les Gafa, décalage de la baisse du taux d’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises.

Il faut y ajouter la suppression progressive de la taxe d’habitation. Grâce à ces mesures, Emmanuel Macron sera le président du pouvoir d’achat.

Transformer le Cese

Nous nous félicitons aussi du grand débat politique national annoncé. La crise des « gilets jaunes » n’est pas qu’une crise fiscale et sociale, elle traduit aussi un besoin très fort de rénovation de notre démocratie, comme en témoigne  la revendication d’un référendum d’initiative citoyenne.

Nous proposons que le Conseil économique, social et environnemental (Cese) devienne la chambre de la démocratie sociale et participative. Le Cese doit systématiquement être saisi en amont de tout projet de loi portant sur les questions économiques, sociales et environnementales, et doit intervenir en aval en évaluant chaque année les politiques publiques en matière économique, sociale et environnementale. La saisine du Cese par pétition citoyenne doit être facilitée. Une plate-forme destinée à recueillir les pétitions citoyennes est nécessaire.

Nous proposons aussi de constitutionnaliser la loi Larcher, qui oblige le gouvernement à proposer une négociation aux partenaires sociaux avant le dépôt d’un projet de loi portant sur le droit du travail ou la formation professionnelle. Enfin, il est important de réconcilier les Français avec l’Europe, perçue par nos concitoyens comme pas assez démocratique. Pour cela, nous proposons que les candidats aux élections européennes s’engagent à rendre pérennes les consultations citoyennes qui ont été menées par En Marche ces derniers mois.

Jacky Bontems , Aude de Castet et Dominique Villemot sont membres de Démocratie vivante, un think tank macroniste social.

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