07 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

Humanité et Biodiversité – La COP 24, un rendez-vous important pour le climat… et la biodiversité

Publié dans Conférence environnementale et CNTE le 06.12.18
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 La COP 24 sur les changements climatiques s’est ouverte lundi 3 décembre et durera jusqu’au 14 décembre à Katowice en Pologne.

Elle doit permettre d’avancer sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat. Cet accord fixe pour objectif de contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et si possible de limiter la hausse des températures à 1,5 °C. D’ailleurs, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) présentera aux négociateurs des 196 pays prenant part à la conférence le rapport spécial publié en octobre dernier sur les conséquences d’un réchauffement climatique global de 1,5°C.

Ce rapport souligne plusieurs points clés :

1. la réalité du réchauffement climatique global et ses conséquences d’ores et déjà palpables sur les écosystèmes et sociétés humaines (vague de chaleur, augmentation de l’intensité et du nombre d’événements extrêmes tels que les sécheresses ou les inondations, etc.) ;

2. il y a des bénéfices à contenir le réchauffement climatique en dessous des 1,5°C : pour la biodiversité, la pauvreté, la santé, les activités économiques et la sureté alimentaire ;

3. il est possible de limiter le réchauffement global en dessous des 1,5°C mais cela nécessite des transitions rapides et importantes de modes de vie et de production ;

4. les experts du GIEC ont démontré les conséquences actuelles des changements climatiques sur les écosystèmes et celles à venir, qui pourraient aller jusqu’à la disparition complète de certains écosystèmes (comme les coraux) dès +2°C à la température globale.

La transition est l’un des enjeux de cette COP24.
La ville de Katowice fait d’ailleurs figure de symbole puisqu’il s’agit d’une ancienne grande ville minière qui a décidé d’amorcer une transition écologique rapide. Les premières annonces de la COP 24 semblent mettre en avant l’adaptation aux changements climatiques. D’ailleurs, l’une des premières annonces de la COP24 a été l’investissement de 200 milliards de dollars pour la période 2021-2025 par la Banque Mondiale à destination des pays en développement. La Banque Mondiale finançait jusqu’à maintenant des projets liés aux énergies renouvelables ou au stockage de carbone visant à atténuer l’ampleur du réchauffement climatique. Elle a pourtant annoncé que ces 200 milliards de dollars d’investissements seront presque exclusivement fléchés vers des projets d’adaptation aux effets du réchauffement climatique (sécheresses, montée des eaux, inondations, etc.).

Dans ce cadre, la biodiversité est à la fois un enjeu à prendre en compte et un atout pour nos sociétés.
C’est un enjeu car elle est aussi soumise à des modifications des conditions climatiques et doit donc s’adapter à ces dernières. C’est un atout car elle constitue bien souvent une solution d’adaptation aux effets du changement climatique pour nos sociétés. Ces solutions d’adaptation fondées sur la nature sont souvent jugées plus durables dans le temps et moins couteuses. Il s’agit d’opérations de conservation, de restauration ou de création d’écosystèmes qui participent à la fois à la préservation de la biodiversité et au maintien ou à la création de services rendant nos sociétés plus résilientes face aux changements climatiques. Un exemple de ces solutions fondées sur la nature peut être la restauration d’une mangrove pour limiter l’effet d’ouragans sur certains littoraux ou encore la sauvegarde ou la restauration de prairies humides jouant le rôle d’éponge limitant l’impact des fortes pluies sur la survenue de crues.

Les modalités de la transition écologique globale pour l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris doivent être négociées au cours des prochains jours. Ces modalités ne se limitent pas seulement aux questions d’émissions de gaz à effet de serre. En effet, la Pologne a mis au programme la justice sociale et le financement de cette transition. Il serait donc souhaitable et nous soutenons la mise à l’agenda de la COP24 de la biodiversité à la fois sous l’angle de l’atténuation du réchauffement climatique globale et sous l’angle de l’adaptation de nos sociétés et des écosystèmes aux changements climatiques.

Si rien n’assure la montée en puissance des sujets liés à la biodiversité au sein des négociations à venir, il n’en reste pas moins que cette COP cristallise autant d’espoirs que d’inquiétudes, aussi bien sur le climat que sur la biodiversité.

Plus d’infos : http://www.humanite-biodiversite.fr/article-asso/rapport-du-giec-q

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