06 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

Démocratie Vivante – Infolettre n°74

DVPar Dominique Villemot

Démocratie Vivante a pour objet d’être un espace de réflexion et une force de propositions sur les réformes que le quinquennat d’Emmanuel Macron doit permettre de réaliser pour faire avancer la France et l’Europe sur la voie de la rénovation démocratique, de la justice sociale et du progrès partagé.

 Sujets traités :

  • FISCALITE - LE ROYAUME-UNI INSTAURE UNE TAXE SUR LES GAFA
  • DEVELOPPEMENT DURABLE - LES CRAINTES SUR LA POLITIQUE ENVIRONNEMENTALE DU BRESIL
  • ECONOMIE  - L’ECONOMIE FRANCAISE FAIT MIEUX QUE LA ZONE EURO
  • EUROPE - QUI APRES MERKEL ?
  • POLITIQUE - LE RETOUR D’UNE PRESIDENCE QUI PREND DE LA HAUTEUR

La lettre complète : 

POLITIQUE

LE RETOUR D’UNE PRESIDENCE QUI PREND DE LA HAUTEUR

L’institution présidentielle de la Vème République a, comme le dieu romain Janus, deux visages. Comme dans les autres démocraties européennes, le Chef de l’Etat incarne la Nation et a donc vocation à rassembler tous les Français. C’est encore plus vrai en France que chez nos voisins car la Constitution confère au président des pouvoirs supérieurs à ses homologues. Il est l’héritier du général de Gaulle, de l’homme du 18 juin qui a su incarner la France éternelle, la vraie France face à l’occupation ennemie et à la trahison de Vichy. Mais en France le président constitue aussi une des deux têtes de l’exécutif, ce qui est unique. Il dirige l’exécutif en complémentarité ou parfois en concurrence avec le premier ministre. Depuis une dizaine d’années ce deuxième visage du président a eu tendance à prendre le dessus et à faire du président non plus un homme exceptionnel qui définit le cap, mais un premier ministre bis qui intervient constamment dans le débat public. Plusieurs raisons expliquent cela. La personnalité des présidents d’abord. Nicolas Sarkozy voulait décider de tout et avait pour objectif de créer chaque jour un évènement médiatique. François Hollande ne pouvait pas s’empêcher de commenter constamment l’actualité. Emmanuel Macron aime parler « cash » aux journalistes et aux Français qu’il rencontre. Mais deux autres raisons sont plus importantes. La première est bien sûr l’instauration du quinquennat. Désormais, les mandats présidentiel et législatif coïncident. Le président qui disposait du temps long avec le septennat est obligé d’agir vite. De plus il devient naturellement le chef de la majorité, tâche dévolue par la Constitution au premier ministre. Mais si Nicolas Sarkozy occupait constamment le terrain de son premier ministre François Fillon, reconnaissons que cela n’est pas le cas d’Emmanuel Macron dont le premier ministre Edouard Philippe, gère le gouvernement et l’administration. François Hollande laissait ses premiers ministres gérer l’administration, mais avait tendance à gérer ses gouvernements en court-circuitant ses premiers ministres.

La principale raison qui explique que le président soit devenu un intervenant du quotidien au détriment de son rôle de guide tient bien sûr au rôle de plus en plus important des médias de l’évènement quotidien (chaines de télévision en continu, Internet, réseaux sociaux). Il faut nourrir tous les jours le Moloch des médias. Et c’est l’unique préoccupation de ce que l’on appelle les communicants. Nicolas Sarkozy et François Hollande, sous l’influence de leurs communicants et/ou du fait de leur inclination naturelle, ont affaibli leur image d’homme d’Etat. Espérons que ce n’est pas ce qui est arrivé à Emmanuel Macron. Il s’était fait élire sur la restauration de la fonction présidentielle. Il avait théorisé la présidence jupitérienne. Les Français étaient satisfaits et la cote de popularité du président était élevée. Las. Les communicants lui ont dit qu’il fallait parler plus aux Français, aller les rencontrer sur le terrain, et ce le plus souvent possible. On voit le résultat.

Heureusement Emmanuel Macron a pris du recul ces derniers temps pour prendre du temps à redéfinir sa stratégie. Vient le temps des moments graves qui relèvent de celui qui incarne la Nation : le statut de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République, le souvenir des combats de la Grande guerre, l’avenir de l’Europe. Nous avons besoin d’un président qui prend de la hauteur. C’est pour cela que nous avons élu Emmanuel Macron. Et il a un premier ministre qui exerce bien sa fonction et lui permet de rétablir la « présidence gaullienne » dont ont besoin les Français et qu’ils attendent.

EUROPE

QUI APRES MERKEL ?

Suite aux défaites de la coalition CDU-CSU-SPD aux élections régionales de Bavière et de Hesse, Angela Merkel, chancelière depuis treize ans, chef de la CDU depuis dix-huit ans, a annoncé, le 29 octobre qu’elle abandonnera la direction du parti conservateur en décembre et qu’elle ne briguera pas de nouveau mandat en 2021. C’est un tournant majeur pour l’Allemagne et pour l’Europe, et donc pour la France. Souvent critiquée en France et dans les pays d’Europe du sud pour avoir imposé l’austérité à la zone euro et avoir privilégié les intérêts économiques de l’Allemagne, elle est tombée sur sa politique d’accueil des réfugiés qui répondait d’abord à une logique économique (du fait de sa faible natalité l’Allemagne a besoin d’immigration pour assurer la pérennité de son économie et pour payer les retraites des seniors), mais aussi à une politique humaniste. Reconnaissons qu’elle a toujours privilégié l’Europe et l’amitiés franco-allemande avec les quatre présidents français qu’elle a connus (Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron). A court terme son affaiblissement va bénéficier à Emmanuel Macron leader incontesté de l’Europe. A long terme tout va dépendre de qui va s’imposer en Allemagne. Heureusement l’extrême-droite stagne dans la partie occidentale de l’Allemagne et les Verts allemands sont proeuropéen. Ces derniers n’ont pas cette culture gauchiste qui caractérise nos écologistes.

 

ECONOMIE  

L’ECONOMIE FRANCAISE FAIT MIEUX QUE LA ZONE EURO

Alors que la croissance de la zone euro n’a atteint que 0,2% au troisième trimestre, la croissance française fait nettement mieux avec 0,4%. Le premier semestre français avait été affecté par la hausse des prix pétroliers comme tous les pays de la zone euro, mais aussi par les hausses d’impôts (contribution exceptionnelle sur l’IS pour les grandes entreprises en décembre 2017, hausse de la CSG pour les retraités en janvier 2018 et hausse de la fiscalité sur l’essence et le diésel en janvier 2018). Les baisses d’impôts du quatrième trimestre de cette année (suppressions des cotisations sociales maladie et chômage à partir d’octobre et baisse de 30% de la taxe d’habitation pour 80% des foyers) pourraient doper le pouvoir d’achat et la consommation durant le quatrième trimestre.

 

DEVELOPPEMENT DURABLE

LES CRAINTES SUR LA POLITIQUE ENVIRONNEMENTALE DU BRESIL

L’élection d’un président d’extrême-droite au Brésil inquiète à juste titre tous les démocrates. Le premier impact négatif de cette élection pourrait concerner l’environnement. Le Brésil détient notamment 60 % de la forêt amazonienne, avec une biodiversité d’une grande richesse. Mais l’Amazonie a perdu 20 % de sa surface ces 50 dernières années en raison d’une déforestation contre laquelle Brasilia doit lutter. En effet, à l’issue d’une réunion du nouveau président et de ses proches conseillers le 30 octobre, le député Onyx Lorenzoni, présenté comme le futur chef du gouvernement, a confirmé que « l’agriculture et l’environnement feront partie du même ministère »« Nous avons reçu avec surprise et préoccupation la nouvelle de la fusion avec le ministère de l’agriculture », a écrit dans un communiqué Edson Duarte, actuel ministre de l’environnement du président conservateur Michel Temer. Les écologistes brésiliens considèrent que cette fusion reviendrait à sacrifier la protection de l’environnement aux intérêts du puissant lobby de l’agro-business, qui soutient ouvertement le nouveau président. Cette mesure inquiéterait même des représentants de ce lobby, qui craignent des sanctions commerciales de pays étrangers sur les exportations brésiliennes de viande ou de soja, deux productions à fort impact environnemental.

 

FISCALITE

LE ROYAUME-UNI INSTAURE UNE TAXE SUR LES GAFA

De manière inattendue le gouvernement britannique a annoncé le 29 octobre l’instauration d’ici à 2020 d’une taxe sur le chiffre d’affaires réalisé au Royaume-Uni par les sociétés qui réalisent un chiffre d’affaires global d’au moins 500 millions de livres. Celles qui seront bénéficiaires seront taxées à hauteur de 2 % sur leur chiffre d’affaires au Royaume-Uni, selon le ministre des Finances britanniques Philip Hammond. « Il n’est clairement pas soutenable, ni équitable, que des plateformes numériques puissent générer des bénéfices substantiels au Royaume-Uni sans payer de taxes ici en lien avec ces activités », a-t-il indiqué devant la chambre des Communes. Directement conçue pour cibler les géants établis du numérique plutôt que les startups, elle concernera les plateformes numériques comme les moteurs de recherche, les réseaux sociaux ainsi que les places de marché sur Internet. Selon le ministre, elle devrait rapporter plus de 400 millions de livres par an, soit 450 millions d’euros. Avec cette mesure, le Royaume-Uni devance l’Union européenne, qui envisage, notamment sous l’impulsion de la France, une mesure de court terme pour taxer les géants du numérique.

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