31 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

Démocratie Vivante – Infolettre n°73

DVPar Dominique Villemot

Démocratie Vivante a pour objet d’être un espace de réflexion et une force de propositions sur les réformes que le quinquennat d’Emmanuel Macron doit permettre de réaliser pour faire avancer la France et l’Europe sur la voie de la rénovation démocratique, de la justice sociale et du progrès partagé.

Sujets traités :

  • POLITIQUE - LA COMMISSION EUROPEENNE A-T-ELLE RAISON DE REJETER LE PROJET DE BUDGET ITALIEN ?
  • EUROPE - 63% DES ALLEMANDS HEUREUX DE LEUR SITUATION FINANCIERE
  • ECONOMIE  - LA CROISSANCE RALENTIT DANS LA ZONE EURO
  • DEVELOPPEMENT DURABLE - 53% DES FRANÇAIS OPPOSES AU NUCLEAIRE
  • FISCALITE - DIVERGENCES FRANCO-ALLEMANDES SUR LA TAXATION DES GAFA

La lettre complète :

POLITIQUE

LA COMMISSION EUROPEENNE A-T-ELLE RAISON DE REJETER LE PROJET DE BUDGET ITALIEN ?

Pour la première fois, le 23 octobre, la Commission européenne, par la voix de Jean-Claude Juncker et Pierre Moscovici, a rejeté un projet de budget d’un Etat membre de la zone euro, celui de l’Italie pour 2019. Rome a trois semaines pour réagir. Ce rejet se justifie si on retient une approche purement technique. En effet le projet de budget prévoit un déficit public de 2,4% du PIB en 2019, alors que le précédent gouvernement s’était engagé vis-à-vis de Bruxelles à ramener en 2019 son déficit à 0,9% du PIB. Ensuite l’Italie a déjà le niveau de dette public le plus élevé de la zone euro après la Grèce (131% du PIB). Et puis l’Italie aura en 2019 le déficit le plus élevé de la zone euro car si, en apparence, le déficit français sera plus élevé (2,8% du PIB) ce n’est qu’à cause d’une opération exceptionnelle : la transformation du CICE en baisse de charges qui n’affectera pas les budgets postérieurs. Le déficit français, hors opérations exceptionnelles, ne s’élève qu’à 1,9% du PIB. Enfin la Commission craint probablement que l’exécution budgétaire ne dérape et qu’au final le déficit soit plus élevé, voire supérieur au fameux seuil de 3%.

Mais pour autant est-ce opportun sur le plan politique ? Cela ne va-t-il pas renforcer le gouvernement populiste antieuropéen italien qui a beau jeu de dire que l’Europe est un carcan bureaucratique qui bride la liberté des Etats et la volonté populaire ? C’est d’autant plus inopportun que le premier ministre italien Giuseppe Conte a déclaré que l’Italie ne souhaitait sortir ni de l’Union européenne ni de la zone euro. La coalition populiste au pouvoir en Italie a immédiatement exclu toute modification de son budget 2019. Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord, a maintenu un discours offensif. « C’est une attaque contre l’économie italienne. Non seulement nous n’allons pas changer une virgule, mais s’ils continuent à frapper au hasard, ça me donnera envie de donner encore plus d’argent aux Italiens », a-t-il déclaré. « Il y a une Italie qui a envie de courir et non d’être l’esclave de règles insensées », a-t-il insisté, tout en réaffirmant que le gouvernement voulait prendre le temps du dialogue avec Bruxelles sans céder à « la politique du terrorisme psychologique ». Tout cela est bien dommage, d’autant plus que l’on sait que l’Union européenne ne prendra pas de sanctions financières contre l’Italie, ce qui fait que ce bras de fer pourrait se terminer par une victoire médiatique de la coalition populiste italienne contre Bruxelles. On ne manquera pas de remarquer que Giuseppe Conte était en visite à Moscou le 24 octobre. Entretemps les marchés financiers ont été bousculés, ce qui a nui aux bourses européennes qui n’ont vraiment pas besoin d’une nouvelle crise de l’euro. Remarquons aussi qu’à l’occasion d’une conférence de presse commune entre Vladimir Poutine et Giuseppe Conte, ce dernier a indiqué son souhait de voir la Russie revenir au G8. Vladimir Poutine a déclaré quant à lui que les deux pays exploraient des options pour faire participer Rome aux projets d’approvisionnement de l’Europe en gaz russe, évoquant la possibilité de relier l’Italie aux gazoducs Turkstream et Nord Stream 2, qui doivent être mis en service en 2019. N’oublions pas que Moscou soutient les différents mouvements d’extrême-droite en Italie, par conviction idéologique, mais aussi et surtout avec la volonté d’affaiblir l’Union européenne. Ne faisons pas le jeu de Poutine !

Si on veut que L’Union européenne relève les défis actuels (flux migratoires, politique commerciale des Etats-Unis, montée des populismes), il faut qu’elle ne soit pas que financière et punitive.

EUROPE

63% DES ALLEMANDS HEUREUX DE LEUR SITUATION FINANCIERE 

63 % des personnes interrogées jugent globalement leur situation financière « bonne » ou « très bonne », quand seulement 8 % l’estiment « mauvaise » ou « plutôt mauvaise » dans le pays, révèle le dernier baromètre de la richesse publié le 24 octobre par l’Association des caisses d’épargne allemandes. En 2001, année de parution du premier baromètre, seules 40 % des personnes interrogées exprimaient une telle satisfaction. Depuis 2001 la zone euro a évolué en effet en faveur des Allemands. En Hesse, le taux de satisfaction atteint même 72 %, les insatisfaits ne représentant que 4 % des personnes interrogées. Troisième du classement, derrière la Rhénanie-Palatinat, la Bavière affiche un niveau de contentement de 68 %pour 4 % de mécontents. Tout cela explique que les électeurs de Bavière et de la Hesse aient privilégié aux élections régionales le vote en faveur d’un parti démocratique comme les Verts pour manifester leur mécontentement politique, plutôt qu’en faveur du parti d’extrême-droite, l’AFD. C’est, à l’inverse, dans les régions de l’Allemagne de l’Est, où l’AFD fait ses meilleurs scores, que les habitants sont le moins heureux financièrement. En queue de peloton devant Berlin, la Thuringe et la Saxe-Anhalt, le Brandenbourg ne compte ainsi que 50 % de personnes satisfaites. Mais les insatisfaits s’y limitent encore à 9 % tandis que 39 % jugent que leur situation est convenable.

 

ECONOMIE  

LA CROISSANCE RALENTIT DANS LA ZONE EURO

La croissance de l’activité dans le secteur privé en zone euro s’est ralentie en octobre, selon une estimation du bureau d’études IHS Markit. L’indice des directeurs d’achat (PMI) Composite est ressorti à 52,7 en octobre contre 54,1 en septembre. Il ressort au plus bas depuis septembre 2016. Ce ralentissement de la croissance résulte principalement d’une baisse des exportations, « tendance que la majorité des entreprises interrogées expliquent par les guerres commerciales et l’imposition de tarifs douaniers », a expliqué M. Williamson économiste chez Markit.

 

DEVELOPPEMENT DURABLE

53% DES FRANÇAIS OPPOSES AU NUCLEAIRE 

Selon un sondage Odoxa pour Challenges réalisée les 16 et 17 octobre, 53% des personnes interrogées se disent opposées à « la production d’énergie par des centrales nucléaires », dont 19% y sont « tout à fait opposées ». La proportion d’opposants à l’atome grimpe puisque plus des deux tiers (67%) des personnes interrogées y étaient favorables dans un sondage BVA pour Le Parisienpublié il y a cinq ans en septembre 2013. Interrogées sur la meilleure façon de parvenir à l’objectif gouvernemental de faire passer la part de l’électricité d’origine nucléaire en France de 75% à 50%, plus de sept personnes interrogées sur dix (71%) demandent « d’attendre la fin de vie des centrales, sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire, quitte à ce que cela prenne plus de temps ». Ils ne sont que 28% à souhaiter tendre « le plus vite possible vers cet objectif, quitte à rendre plus cher le coût de l’électricité ». L’Elysée a annoncé le 24 octobre que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), feuille de route qui définira la politique de la France par filières de production et précisera notamment l’avenir des centrales nucléaires d’EDF pour les dix prochaines années, était en phase de « finalisation » et serait dévoilée « à l’automne ». .

 

FISCALITE

DIVERGENCES FRANCO-ALLEMANDES SUR LA TAXATION DES GAFA

Le 23 novembre à Bruxelles Bruno Lemaire a relancé le projet de taxer les GAFA (Google, Amazone, Facebook et Apple) sur leurs activités dans l’Union européenne. Cela prendrait la forme d’un impôt sur le chiffre d’affaires que ces derniers réalisent dans les différents Etats de l’Union européenne en attendant que l’OCDE adopte un mode de taxation définitif. L’enjeu n’est pas budgétaire car ce nouvel impôt ne devrait rapporter qu’environ 5 milliards dans toute l’Union européenne et environ 500 millions en France. Mais il a une forte valeur symbolique, les GAFA ayant la réputation à la fois de piller les données personnelles à travers le monde, tout en ne respectant pas les règles de la concurrence et en ne payant que peu d’impôts. L’adoption d’un tel dispositif avant les élections européennes serait aussi un très bon signal politique pour Emmanuel Macron. La France, avec l’appui de la Commission européenne, a recueilli le soutien d’une vingtaine d’Etats, mais en fiscalité l’unanimité est requise. Or l’Allemagne reste très prudente sur ce sujet. Olaf Scholz, son ministre des finances, a plaidé en faveur « d’un taux d’imposition minimum valable dans le monde entier et auquel aucun Etat ne puisse se soustraire ».Un tel dispositif impliquerait donc l’accord des Etats-Unis qui y sont bien sûr opposés. L’Allemagne, gros exportateur de voitures en direction des Etats-Unis, a peur de représailles américaines.

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