14 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

Humanité et Biodiversité – Politique et économie dans la perspective d’une planète inhospitalière

Publié dans
le 13.09.18
Boris_semeniako

 

« Le professeur Claude Henry, Sciences Po Paris et Columbia University, président du Conseil Scientifique de l’IDDRI, (septembre 2018), nous a aimablement communiqué le texte qu’il a proposé au journal Le Monde et qui a fait l’objet d’une tribune le 7 septembre dans ce journal« .


Année après année on espère voir s’amorcer une décroissance des émissions de gaz à effet de serre, CO2 en particulier ; année après année, l’espoir est déçu.
A ce rythme, il y aura dans moins de 25 ans une telle accumulation de ces gaz dans la haute atmosphère que la température moyenne de la terre sera supérieure de plus de 2°C à ce qu’elle était avant la révolution industrielle, et l’humanité sera confrontée aux désordres majeurs attendus du franchissement de ce seuil. Comme elle n’aura entretemps pas cessé de gaspiller le capital naturel (diversité biologique, eau douce, air, sol fertile), dont elle devrait au contraire préserver l’héritage pour des générations à venir plus nombreuses, elle se trouvera complètement désarmée face à un chaos généralisé alimenté par

  • des évènements météorologiques extrêmes et à répétition, lesquels saperont la santé des hommes, l’activité économique et la cohésion sociale. Comment vivre avec des températures entre 45 et 55°, hypothèse réaliste selon Jean Jouzel? ou sous la menace d’inondations toujours plus fréquentes à l’intérieur des terres et de niveaux toujours plus élevés de la mer sur les côtes ?
  • l’enracinement de maladies jusqu’à présent cantonnées aux pays tropicaux, et sans doute aussi de maladies inconnues aujourd’hui.
  • l’effondrement de l’agriculture du fait de températures trop élevées, de pénuries d’eau, de la déstructuration des sols et de la destruction de la biodiversité biologique, consécutives à ses propres excès.

Enfin, et peut-être surtout, que restera-t-il de la démocratie, du droit et même de tout sentiment moral, lorsqu’il aura fallu choisir entre accepter que l’Europe soit submergée par des dizaines de millions de migrants fuyant des situations encore plus désespérées en Afrique ou en Asie, ou accepter d’utiliser pour les repousser tous les moyens disponibles ?

«Vanité des vanités, tout est vanité. Quel profit a l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil?» (Ecclésiaste 2:3).
Face aux perspectives d’effondrement auxquelles nous sommes confrontés, les demi-mesures – ce sont plutôt des dixièmes de mesure – dont on s’est contenté jusqu’à présent ne constituent pas une réponse rationnelle. Ce que font ceux qui aujourd’hui ont du pouvoir, politique ou économique, ne contribue guère à nous écarter de la trajectoire qui mène au désastre, quand cela ne nous y pousse pas.

De réponses rationnelles il n’y en a que deux; le reste est mirage.

Lire le fichier joint pour les connaître !

 

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