12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

Démocratie Vivante – Infolettre n°66

DVPar Dominique Villemot

 Démocratie Vivante a pour objet d’être un espace de réflexion et une force de propositions sur les réformes que le quinquennat d’Emmanuel Macron doit permettre de réaliser pour faire avancer la France et l’Europe sur la voie de la rénovation démocratique, de la justice sociale et du progrès partagé.

 Sujets traités :

  • POLITIQUE - ORBAN CONTRE MACRON OU LES NATIONALISTES CONTRE LES PROGRESSISTES
  • EUROPE - L’ITALIE INQUIETE BRUXELLES
  • ECONOMIE  - LA DETTE DE LA SNCF PESE SUR LE DEFICIT PUBLIC
  • DEVELOPPEMENT DURABLE - LES PRIORITES DE FRANCOIS DE RUGY
  • FISCALITE - LE PRELEVEMENT A LA SOURCE S’APPLIQUERA BIEN AU 1er JANVIER 2019

La lettre complète :

POLITIQUE

ORBAN CONTRE MACRON OU LES NATIONALISTES CONTRE LES PROGRESSISTES

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale le paysage politique européen opposait les démocrates-chrétiens aux sociaux-démocrates, les communistes étant isolés et l’extrême-droite quasi inexistante. La chute du mur de Berlin puis les politiques d’austérité mises en place suite à la crise de l’euro et enfin et surtout la crise des réfugiés de 2016 ont changé la donne. Les mouvements nationalistes ont resurgi partout en Europe. La France avait hélas montré le chemin avec le Front national. Puis ce fut le tour des Pays-Bas et des pays d’Europe centrale (Autriche) et de l’Est (Hongrie, Pologne), et enfin plus récemment de l’Italie avec la Ligue du Nord, de l’Allemagne avec l’AFD et de la Suède. La social-démocratie a perdu une partie de son électorat populaire qui s’est détournée d’elle à cause des problèmes d’immigration. La gauche populiste est, elle aussi, menacée et commence à durcir son discours contre l’immigration allant jusqu’à faire alliance avec les nationalistes pour former un gouvernement, comme on l’a vu en Italie. Nationaliste, populiste, xénophobe et antieuropéenne, cette nouvelle extrême-droite menace nos valeurs fondées depuis 1945 sur la démocratie, la liberté, l’Europe, la paix, l’état de droit et le progrès social. Il n’est pas exclu que les nationalistes arrivent en tête lors des élections européennes de mai prochain et que l’extrême-droite devienne le premier parti européen. Le dirigeant le plus en pointe dans le combat antieuropéen est le premier ministre hongrois Viktor Orban. Et la bête noire du camp nationaliste est Emmanuel Macron qui a tout pour leur déplaire : il est progressiste, proeuropéen et défend le droit d’asile. Les hostilités ont été engagées lorsque Viktor Orban, venu rendre visite au ministre de l’intérieur d’extrême droite italien, Matteo Salvini, le 28 août, a fait d’Emmanuel Macron « le chef du parti des pro-migrants » en Europe et son adversaire majeur en vue des élections européennes de mai 2019. « S’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison », leur a répondu le président français. Tout oppose les deux hommes en vue du scrutin européen. Emmanuel Macron ne manque pas d’ailleurs l’occasion de dramatiser l’échéance à venir. « Aujourd’hui, nous sommes au début d’une vraie confrontation entre celles et ceux qui ont des désaccords, des visions différentes sur l’Europe. Et qu’il faut porter, faire vivre. Et ceux qui veulent, maintenant, la fermeture de l’Europe. Qui prônent le nationalisme. Et le nationalisme, c’est la guerre. » reprenant ainsi une phrase de François Mitterrand. Le premier entend réduire l’Europe à une organisation intergouvernementale, qui se contenterait d’assurer la liberté de circulation, de fermer ses portes à toute immigration et de verser des fonds structurels. Le second veut au contraire créer de nouvelles agences communautaires y compris la gestion de l’asile, créer un budget de la zone euro et cesser de payer pour les pays qui attentent à l’Etat de droit, comme la Hongrie de Viktor Orban. Chacun a ses alliés. Côté Orban, Matteo Salvini fait figure de principal soutien. Le ministre de l’intérieur italien, chef de la Ligue du Nord, a promis « un tournant historique pour l’Europe ». Autre allié, le Polonais Jaroslaw Kaczynski, chef du parti Droit et justice au pouvoir. Aux côtés d’Emmanuel Macron figurent les gouvernements de gauche espagnol, portugais et grec, ainsi que le premier ministre luxembourgeois libéral Xavier Bettel qui a déclaré le 7 septembre  » Si en Europe, on dit qu’on n’a pas de place pour des gens qui veulent survivre, j’ai un problème avec le fonctionnement de l’Europe. ». Il peut aussi compter sur Angela Mekel, même si elle est critiquée au sein de son parti la CDU-CSU : son ministre de l’intérieur, Horst Seehofer soutient les manifestants anti-immigration à Chemnitz qu’elle-même a condamnés.

 

 

EUROPE

L’ITALIE INQUIETE BRUXELLES

Bruxelles redoute que Rome laisse filer ses dépenses publiques. Le déficit public, attendu à 1,7 % du PIB en 2018, pourrait de nouveau frôler les 3% en 2019. En tout, si elles sont mises en œuvre, les promesses électorales de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles (création d’un revenu citoyen, introduction d’une « flat tax », soit un impôt à taux unique…) coûteraient près de 100 milliards d’euros. Après l’effondrement du viaduc autoroutier de Gênes, Rome a aussi annoncé « un programme de grands travaux comme celui engagé par le président Trump. ». Quant à la dette publique elle pourrait monter à 130% du PIB. Une incertitude sur la capacité de la troisième économie de la zone euro à honorer sa dette pourrait inquiéter les marchés et recréer des turbulences sur la zone euro. En indiquant le 2 septembre que son gouvernement choisirait toujours de défendre les Italiens avant de suivre l’avis des agences de notation, le vice-premier ministre, Luigi Di Maio, chef du Mouvement 5 étoiles, n’a pas rassuré. Mais, peut-être s’agit-il d’un discours de pure politique intérieure destiné à son électorat, et qui ne sera pas réellement suivi d’effet.   

 

ECONOMIE  

LA DETTE DE LA SNCF PESE SUR LE DEFICIT PUBLIC

Fin mai, Edouard Philippe promettait aux syndicats de la SNCF la reprise à partir de 2020 de 35 milliards d’euros de la dette du groupe ferroviaire pour obtenir la fin du mouvement social contre la réforme du statut. Mais comptablement l’intégration de la dette de la SNCF à l’endettement français était en fait déjà actée. C’est ce qui ressort  de la décision de l’Insee du 6 septembre de requalifier SNCF Réseau en administration publique , et ce depuis 2016. Le déficit public n’est pas épargné par ce changement voulu par l’office statistique. De fait, celui-ci se retrouve dégradé à 2,7 % du PIB en 2017 contre 2,6 % annoncé auparavant, pour tenir compte des charges de la dette de SNCF Réseau, désormais intégrées aux comptes publics. A cela, il faut aussi ajouter les 2,5 milliards d’euros engagés par l’Etat pour la recapitalisation d’Orano, l’ex-Areva. L’Insee a en effet dû se rallier à l’avis d’Eurostat de requalifier cette opération en dépense publique.

 

DEVELOPPEMENT DURABLE

LES PRIORITES DE FRANCOIS DE RUGY

Soucieux de donner des gages en la matière, le nouveau ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, François de Rugy, a annoncé que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) serait présentée fin octobre. « Nous ferons ce qui n’a jamais été fait auparavant« , ajoutant qu’EDF devait mettre en œuvre la politique votée par le Parlement. « Je ne rentrerai pas dans un combat avec le ministère de l’Agriculture« , a aussi indiqué le nouveau ministre locataire, précisant qu’il ferait une proposition avec le ministre de l’Agriculture sur la façon d’organiser le travail des deux ministères sur la politique agricole commune (PAC), actuellement en cours de révision. Quant aux questions de santé/environnement, elles font partie des trois priorités annoncées par l’ancien candidat à la primaire de la gauche avec la PPE et le projet de loi mobilité.

 

FISCALITE

LE PRELEVEMENT A LA SOURCE S’APPLIQUERA BIEN AU 1er JANVIER 2019

Après avoir reçu confirmation de la part Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, qu’il n’y avait pas d’obstacle technique à la mise en œuvre au 1er janvier 2019 du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, Edouard Philippe a confirmé le 4 septembre que cette réforme s’appliquerait bien le 1er janvier 2019, levant ainsi les doutes que les déclarations d’Emmanuel Macron avait pu créer. On ne voit pas pourquoi la France ne serait pas capable d’appliquer un dispositif qui existe chez tous nos partenaires (Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, Italie, Canada…). La réforme bénéficiera à tous les Français, puisque les revenus courants de l’année 2018 seront exonérés pour tous les contribuables. Ceux qui verront leurs revenus baisser en 2019 pour cause de départ à la retraite, chômage ou baisse d’activité (pour les professions indépendantes), bénéficieront immédiatement de ce gain.

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