07 août 2018 ~ 0 Commentaire

Démocratie Vivante – Infolettre n°62

DVPar Dominique Villemot 

Démocratie Vivante a pour objet d’être un espace de réflexion et une force de propositions sur les réformes que le quinquennat d’Emmanuel Macron doit permettre de réaliser pour faire avancer la France et l’Europe sur la voie de la rénovation démocratique, de la justice sociale et du progrès partagé.

Sujets traités :

  • POLITIQUE - CROISSANCE, CHOMAGE DEFICIT BUDGETAIRE : LE TRIANGLE DIABOLIQUE
  • EUROPE - THERESA MAY ESSAIE DE RALLIER EMMANUEL MACRON A SON PLAN POUR EVITER UN BREXIT DUR
  • ECONOMIE  - PATRONAT ET SYNDICATS CONTRE LA PRISE EN CHARGE PAR LES ENTREPRISES DES QUATRE PREMIERS JOURS D’ARRETS DE TRAVAIL
  • DEVELOPPEMENT DURABLE - LE 1er AOUT L’HUMANITE AVAIT DEJA CONSOMME LES RESSOURCES ANNUELLES DE LA PLANETE
  • FISCALITE - L’IFI RAPPORTERA UN PEU PLUS QUE PREVU

 

 

La lettre complète :

POLITIQUE

CROISSANCE, CHOMAGE DEFICIT BUDGETAIRE : LE TRIANGLE DIABOLIQUE 

Les chiffres économiques ne sont pas bons pour le gouvernement : la croissance ralentit (0,2% seulement au deuxième trimestre) et le chômage a arrêté de baisser, à un moment où le gouvernement doit continuer à réduire le déficit budgétaire. Bruno Lemaire a annoncé que le gouvernement allait abaisser en conséquence sa prévision de croissance pour cette année de 2% à 1,7%. L’impact sera immédiat sur les prévisions de recettes fiscales et sociales. Mais, pour autant l’objectif de déficit budgétaire de cette année (2,6 à 2 ,7% du PIB) devrait être tenu. 2019 sera une autre affaire car il faudra financer l’impact des baisses d’impôts qui sera massif (suppression des cotisations sociales salariales maladie et chômage sur une année pleine, transformation du cice en baisses de cotisations sociales patronales, baisse des deux tiers de la taxe d’habitation pour 80% des Français).

L’élection d’Emmanuel Macron s’était accompagnée d’une embellie économique, la croissance étant repartie en 2017. Un an plus tard, Emmanuel Macron se retrouve dans la même situation que François Hollande, obligé de baisser le déficit budgétaire, alors que la croissance ralentit, ce qui est contraire aux recommandations économiques qui préconisent d’augmenter le déficit lorsque la croissance ralentit et de profiter de la croissance pour réduire le déficit. Contrairement aux pays anglo-saxons, la zone euro, et donc la France, pratique depuis 2011 une politique procyclique : elle réduit le déficit budgétaire, ce qui pèse sur la croissance et réduit les recettes fiscales et sociales, ce qui oblige à durcir la politique budgétaire, ce qui pèse à nouveau sur la croissance…Et cela a pour conséquence de faire monter le chômage. Pourquoi une telle politique ? La maitrise de la dette publique n’est pas la principale raison. En effet le ration dette publique/PIB de la France est comparable à celui des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Non, la principale raison est l’absence de réel pouvoir économique fédéral au sein de la zone euro. La crise de la dette publique grecque en 2010-2012 a fait craindre que la zone euro ne survive pas à une telle crise. Une sortie de la Grèce de la zone euro se serait en effet traduite, via l’effet domino, par la sortie du Portugal, puis de l’Espagne, puis de l’Italie…jusqu’à l’explosion finale. Les décisions prises depuis (création du mécanisme européen de stabilité et de l’union bancaire) ainsi que, et surtout, la politique de soutien de la BCE ont fortement dissipé cette crainte. Mais il reste les écarts de compétitivité entre les Etats, qui ne peuvent plus être corrigés par des dévaluations et ne sont pas compensés par un budget fédéral, comme cela est le cas aux Etats-Unis. De ce fait, chaque Etat membre doit maitriser sa demande intérieure en réduisant son déficit budgétaire. Pourquoi dans ce contexte l’économie française était-elle alors repartie en 2017 ? L’effet psychologique de l’élection d’Emmanuel Macron a certes joué. Mais il faut y ajouter la baisse du prix du pétrole et les effets de la politique de l’offre de François Hollande (cice, baisses de charges). Pourquoi ensuite un retournement ? Parce que les prix du pétrole sont repartis à la hausse et parce que le déficit a trop fortement baissé (de 3,4% du PIB en 2016 à 2,6% en 2017). Les hausses d’impôt d’Emmanuel Macron de fin 2017 (10 milliards sur les grandes entreprises) et début 2018 (hausse des taxes sur les carburants) ont tué dans l’œuf la reprise. Un tel cercle vicieux a été fatal politiquement à François Hollande. Va-t-il l’être aussi à Emmanuel Macron ? On peut espérer que les baisses d’impôts de fin 2018 (suppression des cotisations sociales salariales maladie et chômage, baisse d’un tiers de la taxe d’habitation pour 80% des Français) vont un peu améliorer les choses.

 

EUROPE

THERESA MAY ESSAIE DE RALLIER EMMANUEL MACRON A SON PLAN POUR EVITER UN BREXIT DUR 

Theresa May se doit de convaincre les chefs d’État européens de la viabilité de son plan sur le Brexit, pour le Royaume-Uni mais surtout pour l’Europe. Car si l’Union Européenne n’y voit aucun intérêt, il y a peu de chances qu’elle décide d’être conciliante avec son futur ex-partenaire. C’est pourquoi Theresa May s’est entretenue vendredi par téléphone avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, juste avant sa rencontre avec Emmanuel Macron au fort de Brégançon. Une rencontre qui avait pour but de contourner l’inflexibilité de la Commission en s’adressant directement au président français. Mais il n’y a pas eu d’annonce à l’issue de l’entretien car «il ne s’agit pas pour Paris de se substituer au processus piloté par Michel Barnier », chargé par l’Union européenne de discuter avec Londres, a souligné la présidence française. Après Theresa May, Emmanuel Macron pourrait convier d’autres invités de marque au fort de Brégançon, dont il veut faire non seulement un lieu de vacances mais aussi de rencontres diplomatiques dans un cadre plus informel qu’à l’Elysée. Décidément il passe des vacances studieuses.

 

ECONOMIE 

PATRONAT ET SYNDICATS CONTRE LA PRISE EN CHARGE PAR LES ENTREPRISES DES QUATRE PREMIERS JOURS D’ARRETS DE TRAVAIL

Aujourd’hui, passés les trois jours de carence, la Sécurité sociale verse la moitié du salaire quotidien par jour d’arrêt. Mais le gouvernement envisage de faire passer quatre jours à la charge des entreprises pour les arrêts de moins de huit jours. Avec pour but de réduire les dépenses de l’Assurance maladie. Les organisations patronales (Medef, CPME et U2P) ont fait savoir leur opposition dans un courrier adressé au Premier ministre. « Ça va alourdir les charges alors qu’on a un gouvernement qui, très justement, a depuis un an une politique qui renforce la compétitivité de nos entreprises », s’emporte auprès du Parisien Jean-Michel Pottier, vice-président de la CPME. Pour justifier son opposition, le dirigeant met aussi en avant la croissance moins forte qu’attendue et le chômage qui reste très haut. « C’est contradictoire de vouloir pénaliser les entreprises à ce moment-là ». Cette piste qu’envisage le gouvernement hérisse aussi les syndicats de salariés. « On craint qu’il y ait une stigmatisation des salariés les plus fragiles en termes de santé car il y aura probablement une volonté de la part des entreprises de payer le moins possible et donc de faire diminuer les arrêts de travail », alerte Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT, interrogée par Le Parisien. La dirigeante aimerait plutôt que l’accent soit mis sur la prévention car « on n’est pas égaux face à la maladie ».

 

DEVELOPPEMENT DURABLE

LE 1er AOUT L’HUMANITE AVAIT DEJA CONSOMME LES RESSOURCES ANNUELLES DE LA PLANETE

Au 1er août 2018, l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an et vivra ensuite à crédit pendant cinq mois, selon l’ONG Global Footprint Network, qui souligne que cette date survient de plus en plus tôt. Le 1er août est « la date à laquelle nous aurons utilisé plus d’arbres, d’eau, de sols fertiles et de poissons que ce que la Terre peut nous fournir en un an pour nous alimenter, nous loger et nous déplacer et émis plus de carbone que les océans et les forêts peuvent absorber », a expliqué Valérie Gramond de WWF, partenaire du Global Footprint Network« Il nous faudrait aujourd’hui l’équivalent de 1,7 Terre pour subvenir à nos besoins », souligne WWF dans un communiqué. Cette date est la plus précoce jamais enregistrée depuis le lancement du « Jour du dépassement » au début des années 1970, où la date retenue était celle du 29 décembre. En 2017, il était intervenu le 2 août. Le mouvement « s’est accéléré à cause de la surconsommation et du gaspillage », explique Valérie Gramond, qui rappelle que dans le monde, environ un tiers des aliments finissent à la poubelle. « On met à mal la capacité de la planète à se régénérer », en puisant par exemple dans les stocks de poissons, ajoute-t-elle.

 

FISCALITE

L’IFI RAPPORTERA UN PEU PLUS QUE PREVU

Selon les premières remontées à Bercy, l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui s’est substitué à l’ISF, ferait rentrer dans les caisses de l’Etat un peu plus d’1 milliard d’euros en 2018, sa première année d’existence. Ce chiffre s’entend après plafonnement de l’IFI qui limite l’impôt à 75 % des revenus. Maintenu dans le cadre de la réforme, ce plafonnement aura un coût bien inférieur depuis que l’assiette de l’ISF a été réduite à l’immobilier. 120.000 déclarations ont été déposées.

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