21 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

Les ombres (poème)


MigrantsEn Afrique ils sont nés,
Au Maghreb, au Sahel, en Lybie, au Soudan.
En Asie ils sont nés,
En Irak, en Syrie, ou en Afghanistan.
 
Guerre et famine ils fuient,
Trop peu d’eau, d’aliments, trop de violentes morts.
Vers la paix ils s’enfuient,
Une course à la vie, errant de port en port.
 
Ils sont ombres sur l’eau,
Dans les mains des passeurs, sur des barques pourries.
Ils sont traités en veaux,
Tout droit vers l’abattoir ; bravo si tu survis.
 
Ils sont ombres sur terre,
Poussés par les passeurs ; triste marche infinie.
Ils mourront sur nos terres,
De froid dans nos montagnes, d’épuisement, d’oubli.
 
Ombres longeant les murs,
Nous ne voulons les voir ; ils dérangent, nous font peur,
Révèlent notre obscur.
De nos peurs d’inconnu, nous les faisons porteurs.
 
Plus nombreux ils viendront.
Nous sommes leur seul espoir ; chez eux, toute vie sombre.
Tous, la route ils prendront.
N’avons-nous que le choix de les pousser dans l’ombre ?
 
Seraient-ils notre chance ?
Ne pouvant accueillir, toutes ces vraies misères,
Saisirons-nous la chance
De changer notre monde, pour qu’ils y aient leur place ?

 Conviction personnelle : la question « devons-nous accueillir plus de migrants ou fermer les frontières ? » est une mauvaise question. Si nous laissons le réchauffement climatique continuer, si nous ne luttons pas contre les guerres, le flux de migrants va continuer à croître, et nous serons submergés. Je préfèrerais que nous nous posions la question « que devons-nous faire pour qu’ils puissent vivre dignement dans leur pays ? »

Je dédie ce poème à Pascale Ruffel. C’est en lisant son ouvrage sur les migrants, « Les ancêtres ne prennent pas l’avion » (éditions Joca Seria) que j’ai eu envie d’écrire ces lignes.

20 et 21 juillet 2018

Tags: ,

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus