12 juin 2018 ~ 0 Commentaire

Démocratie Vivante – Infolettre N° 54

DVPar Dominique Villemot

 Démocratie Vivante a pour objet d’être un espace de réflexion et une force de propositions sur les réformes que le quinquennat d’Emmanuel Macron doit permettre de réaliser pour faire avancer la France et l’Europe sur la voie de la rénovation démocratique, de la justice sociale et du progrès partagé.

 Sujets traités :

  • POLITIQUE - L’EUROPE RESTE UNIE FACE A TRUMP GRACE A MACRON…ET TRUDEAU
  • EUROPE - LES BRITANNIQUES DEVRONT-ILS CHOISIR ENTRE LE BREXIT ET L’IRLANDE DU NORD ?
  • ECONOMIE - LE DEFICIT COMMERCIAL DES ETATS-UNIS AVEC LA CHINE CONTINUE DE S’ACCROITRE
  • DEVELOPPEMENT DURABLE - LES OCEANS, UN ATOUT FRANCAIS
  • FISCALITE - VERS UNE DIMINUTION DES TAUX DE TVA REDUITS

La lettre complète :

POLITIQUE

L’EUROPE RESTE UNIE FACE A TRUMP GRACE A MACRON…ET TRUDEAU

Les sommets du G7 ne constituent pas un espace où l’on prend de réelles décisions ; celles-ci sont plutôt prises dans le cadre de l’OMC ou de l’OCDE.  Mais pour autant les sommets du G7 sont importants car ils donnent la température du climat économique mondial. Ils ont été créés à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing en 1974 afin de préserver la coopération économique mondiale et ont fait leur preuve durant la crise financière de 2008/2009. Jusqu’à présent le communiqué commun publié à l’issue du sommet a toujours donné des signes plus ou moins importants de refus du protectionnisme et de volonté de coopération internationale. Celui de cette année, tenu au Canada, aura marqué une rupture. Durant tout le sommet, Donald Trump a bousculé les habitudes et entendu faire prédominer son approche protectionniste et diviser ses partenaires. Il n’y a pas réussi. Emmanuel Macron avait beaucoup travaillé avec Angela Merkel pour arriver à un front commun européen face aux Etats-Unis. Cela n’était pas évident, l’Allemagne, gros exportateur vers les Etats-Unis, notamment d’automobiles, a beaucoup plus à perdre que les autres pays européens d’une détérioration des relations commerciales entre les Etats-Unis et l’Europe. Au début du sommet, le nouveau président du conseil italien Giuseppe Conte a été tenté de suivre Donald Trump dont il partage l’idéologie nationaliste et populiste pour ensuite rejoindre la France et l’Allemagne. Trop affaiblie par le Brexit pour exister, Theresa May a été inexistante. Finalement l’organisateur du sommet, le premier ministre Justin Trudeau, a tenu tête face à Trump, et a obtenu le rejet de la demande des Etats-Unis visant à élargir le G7 à la Russie. Il a permis la signature par les 7 d’un communiqué final en 28 points d’où il ressortait qu’ils avaient une approche à peu près commune des grands sujets, à l’exception toutefois de l’environnement. Le tandem Macron-Trudeau a bien fonctionné. Il faut dire que les deux hommes partagent la même vision progressiste, libérale et sociale du monde. Trudeau a fait preuve de courage car le Canada est beaucoup plus dépendant économiquement et militairement des Etats-Unis que ne l’est la France. Quelques heures plus tard, Donald Trump annonçait depuis son avion Air force One qu’il retirait sa signature de l’accord, et étudiait un relèvement des droits douaniers sur les importations automobiles, menaçant ainsi à la fois l’Allemagne, le Japon et le Canada. Il a pris pour prétexte une déclaration de Justin Trudeau jugeant « insultantes » les augmentations de droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium et annonçant des représailles, comme l’ont fait les Européens. Manque de courage de Donald Trump qui n’ose pas dire en face ce qu’il pense ?

Tout cela est bien inquiétant. Car le protectionnisme se traduit toujours par un recul des échanges commerciaux et un ralentissement de la croissance mondiale. C’est une politique perdant-perdant. La montée des nationalismes et le retour du protectionnisme auxquels nous assistons rappelle un peu ce qui s’est passé dans les années trente, même si la démocratie tient toujours et qu’aucun pays ne pratique une politique militariste. On peut critiquer le caractère de Donald Trump, grossier et instable, mais il ne faut pas oublier qu’il a été élu sur ce programme nationaliste et protectionniste. Les Etats-Unis ont toujours eu depuis leur création une tentation isolationniste, et les Américains se sentent aujourd’hui menacés par l’immigration mexicaine et par les importations européennes et chinoises. Et Donald Trump a les yeux rivés sur les élections de mi-mandat de novembre prochain. Emmanuel Macron défend sa vision ouverte du monde et se situe dans les pas du général de Gaulle, Michel Jobert et Dominique de Villepin, qui considèrent que l’amitié avec les Etats-Unis n’impliquent pas l’allégeance.

Donald Trump pourra-t-il tenir seul face à l’Europe, la Chine, le Japon et le Canada ? Tout se détendra-t-il après les élections de novembre ? Emmanuel Macron réussira-t-il à maintenir le front européen uni ?

 

EUROPE

LES BRITANNIQUES DEVRONT-ILS CHOISIR ENTRE LE BREXIT ET L’IRLANDE DU NORD ?

Dans un document transmis le 7 juin à la Commission européenne, le gouvernement britannique propose que le Royaume-Uni reste dans l’union douanière jusqu’en 2021, le temps de trouver une solution à la délicate question du statut de l’Irlande du Nord. Or si Bruxelles veut bien maintenir l’Irlande du Nord dans un régime commun à l’Union européenne, elle n’envisage pas d’étendre ce régime à tout le Royaume-Uni. Cela signifierait en effet que le Royaume-Uni resterait dans l’union douanière sans appartenir au marché unique, c’est-à-dire conserver les avantages sans les contreparties. Le dialogue de sourds continue. La majorité de Theresa May aux Communes dépend de l’appoint du petit parti unioniste d’Irlande du Nord qui ne veut à aucun prix qu’elle se détache d’une manière ou d’une autre du Royaume-Uni. Le sort de l’Irlande du Nord risque de faire échouer le Brexit ou de faire renaître la délicate et douloureuse question irlandaise.  Ou de se traduire par le départ de Theresa May.

 

ECONOMIE

LE DEFICIT COMMERCIAL DES ETATS-UNIS AVEC LA CHINE CONTINUE DE S’ACCROITRE

L’excédent commercial de la Chine avec les Etats-Unis a encore gonflé en mai. Le déséquilibre des échanges entre les deux géants s’est aggravé avec un bond de 11,7 % sur un an du déficit américain avec la Chine à 24,58 milliards de dollars (21 milliards d’euros). Ce fossé commercial abyssal qui s’est creusé au niveau record de 375 milliards de dollars en 2017 selon Washington, est violemment dénoncé par Donald Trump, qui fustige les pratiques « déloyales » du régime communiste. Paradoxalement, l’excédent commercial chinois avec les Etats-Unis a continué de gonfler alors qu’il reculait nettement avec le reste du monde. L’excédent global de la Chine a fondu en mai à 24,9 milliards de dollars, contre quelque 28 milliards en avril.

 

DEVELOPPEMENT DURABLE

LES OCEANS, UN ATOUT FRANCAIS

Le 8 juin était la journée mondiale des océans. La France dispose du deuxième espace maritime mondial, juste après les États-Unis avec 11,5 millions de km2. Elle a donc des atouts inestimables en termes de croissance bleue. Selon le baromètre de la maritimisation de l’économie réalisé par le Boston Consulting Group (BCG) pour la Fondation pour la mer, les mers françaises sont à l’origine d’environ 14% du PIB français, soit 270 milliards d’euros. Cela correspond à trois fois le secteur automobile. Si la France développait le secteur maritime, celui-ci pourrait peser 150 milliards d’euros et un million d’emplois d’ici 15 ans selon le Cluster maritime français. Aujourd’hui le secteur maritime offre plus de travail que le secteur bancaire ou l’industrie automobile avec 500.000

 

FISCALITE

VERS UNE DIMINUTION DES TAUX DE TVA REDUITS

Le gouvernement poursuit sa recherche de dépenses publiques susceptibles d’être réduites. Sont désormais dans le collimateur les aides aux entreprises. Le 7 juin Bruno Le Maire a indiqué lors d’une audition de la commission des Finances de l’Assemblée nationale sur l’évaluation des politiques publiques : « J’ai engagé à la demande du Premier ministre une revue complète des aides aux entreprises qui sont distribuées en France ». Mais il faut « réaliser que baisser les aides aux entreprises, ça voudra dire nécessairement, si on fait quelque chose de significatif, revenir sur des taux de TVA réduits ». Ces taux réduits représentent « une grande partie » de la politique de soutien aux entreprises, a-t-il ajouté. Selon Bruno Le Maire, près de la moitié des 140 milliards d’euros consacrés chaque année à l’aide aux entreprises correspond à des dépenses fiscales. Il s’agit principalement du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et des allègements de charges sur lesquels il n’est pas question de revenir. Sur les 70 milliards restants, une « très grande partie » correspond à des « taux de TVA réduits », a ajouté le ministre. Les taux de TVA réduits dont bénéficient notamment le secteur de la restauration et celui de la rénovation de logements, sont régulièrement critiqués par la Cour des comptes, qui les juge trop coûteux pour les finances publiques. En réalité les taux de TVA réduits constituent autant une aide aux entreprises qu’aux ménages. En effet lors d’une baisse de taux les entreprises abaissent quand même leurs prix et ne conservent donc le bénéfice que d’une partie de la baisse. A l’inverse, en cas de hausse TVA elles ne peuvent pas répercuter la totalité de la hausse dans leurs prix.

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