30 mai 2018 ~ 0 Commentaire

Démocratie Vivante – Infolettre N°52

Démocratie Vivante a pour objet d’être un espace de réflexion et une force de propositions sur les réformes que le quinquennat d’Emmanuel Macron doit permettre de réaliser pour faire avancer la France et l’Europe sur la voie de la rénovation démocratique, de la justice sociale et du progrès partagé.

Par Dominique Villemot

Les sujets traités :

  • POLITIQUE - QUI REPRESENTE LE PEUPLE ?
  • EUROPE - LE PROJET DE FONDS POUR LA DEFENSE EUROPEENNE AVANCE
  • ECONOMIE - LE CLIMAT DES AFFAIRES CONTINUE A SE DETERIORER
  • DEVELOPPEMENT DURABLE - CE QUE LES ONG ATTENDENT DE LA LOI MOBILITE
  • FISCALITE - EMMANUEL MACRON IRA JUSQU’AU BOUT DANS SON PROPJET DE TAXER LES GAFA

La lettre complète :

  • POLITIQUE

    QUI REPRESENTE LE PEUPLE ?

    Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise avaient organisé samedi dernier26 mai la marée populaire contre le président de la République succédant à la fête à Macron du 5 mai. La mobilisation a baissé entre ces deux dates. Il était vraiment présomptueux d’appeler cette manifestation « la marée populaire ». Son échec se retourne contre leurs organisateurs, une soixantaine d’organisation de la gauche radicale auxquelles s’étaient jointe la CGT, qui n’avait pas participé à la journée du 5 mai, soulignant encore plus la baisse de la mobilisation. Jean-Luc Mélenchon, qui avait accusé à l’automne dernier les syndicats d’être à l’origine de l’échec des luttes contre Emmanuel Macron, avait cette fois-ci sollicité la participation de la CGT, lui laissant la tête de la manifestation à Paris. C’est donc d’abord un échec de la CGT. Sur ce point on ne peut que suivre Laurent Berger (CFDT) quand il juge « mortifère » pour le syndicalisme de participer à un « combat politique ».

    Cet échec s’explique d’abord par la posture systématiquement anti-Macron de ses initiateurs, posture idéologique qui pose comme axiome qu’Emmanuel Macron serait contre le peuple. Pourquoi ? Parce qu’il réforme, parce qu’il change les choses. Les réformes de la SNCF, du code du travail, de la fonction publique sont systématiquement présentées comme antipopulaires, sans qu’on ne les analyse. Aujourd’hui les Français sont pragmatiques. Ce qui les intéresse ce ne sont pas les mots, mais les actes. La seconde raison est cette prétention à incarner le peuple. Jean-Luc Mélenchon, dans la pure tradition révolutionnaire, s’est autoproclamé représentant du peuple, comme le firent en leur temps Robespierre, Lénine ou Mao. L’ultra-personnalisation nuit énormément au mouvement radical en France. Jean-Luc Mélenchon a certes réalisé un score élevé à la dernière élection présidentielle, mais il n’est arrivé qu’en quatrième position. Or en France, qui reste une démocratie jusqu’à nouvel ordre, c’est le suffrage universel et lui seul qui désigne le représentant du peuple, pour l’élection présidentielle, ou, pour les autres élections, les représentants du peuple.Jean-Luc Mélenchon est le principal handicap de la cause qu’il prétend défendre.

    Cela ne veut pas dire que tout va bien, qu’une fois l’élection présidentielle passée, le peuple n’a plus qu’à attendre l’élection présidentielle suivante. La démocratie doit être permanente, elle doit être vivante, comme nous le souhaitons à Démocratie Vivante. Et pour cela il est fondamental que la démocratie sociale soit effective et soutenue. C’est ce que nous prônons à Démocratie Vivante : plus de démocratie sociale, c’est-à-dire un gouvernement plus à l’écoute des partenaires sociaux mais également des partenaires sociaux plus ouverts à la négociation. De ce point de vue nous ne pouvons que nous réjouir des premières avancées du gouvernement sur la réforme de la SNCF bien accueillies par la CFDT et l’UNSA. Espérons que cela pourra déboucher sur un accord entre le gouvernement et les syndicats réformistes et que cela permettra ainsi de sortir de ce conflit par le haut.

    Cela ne veut pas dire que nous nous voilons la face : le président de la République bénéficie d’un fort soutien des classes moyennes et supérieures, mais pas des classes populaires, ce qu’avaient reflété les résultats du second tour de l’élection présidentielle : Emmanuel Macron était arrivé en tête dans toutes les catégories sociales, sauf chez les ouvriers où Marine Le Pen était arrivée en tête. Pour ceux qui prétendent incarner le peuple, la priorité devrait être de regagner le soutien de la classe ouvrière et donc de combattre non pas Emmanuel Macron, mais le front national.

    EUROPE

    LE PROJET DE FONDS POUR LA DEFENSE EUROPEENNE AVANCE

    Pour renforcer l’Europe de la défense, la Commission européenne a proposé de dégager 13 milliards pour le soutien à l’innovation et aux équipements de défense dans le prochain cadre budgétaire 2021-2027. Et, pour 2019 et 2020, elle a proposé la création d’un fonds doté de 90 millions pour la recherche et 500 millions pour les équipements. A la demande des députés européens, les projets financés doivent être montés en partenariat par trois pays et inclure au moins 3 PME. Les entreprises installées sur le territoire européen mais contrôlées par des pays tiers ne seront éligibles que si elles remplissent plusieurs critères liés à l’accès aux informations sensibles, à la propriété intellectuelle et à la gouvernance. Aucun financement ne sera accordé à une entreprise située hors de l’Union européenne (Royaume-Uni, Etats-Unis, Chine, Russie…). Ce compromis a été approuvé par les députés conservateurs, libéraux et socialistes, à l’exception des sociaux-démocrates qui ont voté contre comme l’extrême-droite et l’extrême-gauche. Il doit encore être adopté par les Etats membres dans les jours qui viennent puis faire l’objet d’un vote du Parlement européen en septembre.

     

    ECONOMIE

    LE CLIMAT DES AFFAIRES CONTINUE A SE DETERIORER

    Le climat des affaires a baissé de deux points en mai en France d’après l’INSEE. Depuis décembre, où l’indice avait atteint son plus haut niveau depuis dix ans, il a reculé de six points revenant à son niveau de juin 2017. La grève des transports qui affecte de nombreux secteurs a probablement joué. Mais la baisse affecte aussi l’Allemagne et l’Italie. Les économistes mettent en avant la hausse de 40% en un an du prix du pétrole ainsi que la hausse du taux de change effectif de l’euro de 8,5% en un an, qui pénalise les exportations. Les tensions géopolitiques en Iran et l’inquiétude sur l’Italie pourraient amplifier cette détérioration du climat des affaires dans la zone euro.

     

    DEVELOPPEMENT DURABLE

    CE QUE LES ONG ATTENDENT DE LA LOI MOBILITE

    Le 23 mai dernier, le collectif des ONG environnementales a présenté ses attentes sur la future loi de mobilité. Le projet de loi de l’exécutif doit venir concrétiser lesgrandes orientations que le gouvernement entend retenir des Assises de la mobilité qui se sont déroulées de mi-septembre à début décembre 2017. C’est « un dernier appel à l’exécutif », préviennent les ONG qui proposent leur propre projet de loi, articulé autour de 15 mesures phares. Elles souhaitent que la future loi de mobilité vienne concrétiser les engagements du Plan climat présenté par Nicolas Hulot en juillet 2017 et soit compatible avec l’Accord de Paris. Il s’agit d’en faire « la première brique » du Plan climat, explique Pascal Canfin, directeur général du WWF, qui précise que ce serait un « très grand recul » si la neutralité carbone n’était pas le fil rouge du texte. Les associations réclament aussi des mesures précises : au moins 3 milliards d’euros par an pour la rénovation du réseau ferroviaire, un Plan vélo financé à hauteur de 200 millions d’euros par an et une réaffectation d’une partie des sommes allouées à la prime à la conversion. Plus globalement, les ONG préfèreraient que le gouvernement promeuve « un vrai droit à la mobilité », explique Bruno Gazeau, le président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut). Les arbitrages sont imminents et le texte du gouvernement pourrait être présenté en conseil des ministres à partir de la fin juin.

     

    FISCALITE

    EMMANUEL MACRON IRA JUSQU’AU BOUT DANS SON PROPJET DE TAXER LES GAFA

    Comme l’année dernière, Emmanuel Macron a pu une nouvelle fois mesurer combien le monde des start-up lui était favorable lors de sa visite le 24 mai de la troisième édition de  Viva Tech. A cette occasion il a indiqué que la France irait jusqu’au bout dans son projet de taxer les GAFA.  La proposition portée par la France au niveau européen prévoit une taxe de 3% sur les revenus, et non sur les bénéfices, pour les groupes dont les revenus à l’intérieur de l’Union européenne dépassent 50 millions d’euros. La mesure pourrait rapporter 5 milliards d’euros par an, et découragerait le dumping fiscal entre les pays membres. Mais la France se heurte à la résistance de ses partenaires européens. Malte et la République tchèque s’y opposent fermement, tout comme l’Irlande où se trouve le siège de Facebook, et le Luxembourg le siège d’Amazon. Or en matière fiscale les décisions requièrent l’unanimité.

     

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