19 mars 2018 ~ 0 Commentaire

Voyage à Jérusalem – quelques réflexions « à froid »

Les contrôles

On nous promettait des contrôles interminables à l’aéroport, à l’aller et surtout au retour, et de longues files d’attente pour passer les check points entre les territoires sous contrôle israélien et ceux sous contrôle palestinien. Rien de tout ça ! Les contrôles d’accès dans les lieux publics (musées, lieux saints, etc.) sont également plutôt plus légers qu’en France.

A l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, j’ai même pu emporter, jusque dans l’avion, une bouteille d’eau achetée en ville, sans essayer de la cacher, bien en vue sur mon sac à dos… Elle est maintenant sur mon bureau, à la maison.

Nous avons passé tous les check points sans aucun contrôle ; peut-être parce que, à chaque fois, nous étions dans un véhicule immatriculé en Israël ? Mais je n’ai jamais vu de longues files de véhicules palestiniens en train d’être contrôlés…

Une exception quand même : il y a un check point à l’entrée de la zone aéroportuaire Ben Gourion, qui est interdite aux palestiniens. La fliquette en charge du filtrage est montée à bord de notre navette, a regardé nos tronches, et nous a laissé passer. C’est ce qu’on appelle un contrôle au faciès, non ?

L’armée et la police sont cependant très présents en territoire israélien. Bien plus qu’à Paris avec vigipirate ! On en voit même qui viennent manger au restaurant, en tenues civiles, fusil d’assaut en  bandoulière. Coté palestinien, policiers et militaires sont beaucoup moins visibles. Mais je ne sais pas s’ils ont le droit de porter des armes…

Les religions

Sans surprise, le judaïsme est très présent dans les rues de Jérusalem : chapeau ou kipa pour les hommes et les jeunes garçons, foulard pour les femmes. On sens même une forme d’intégrisme… Par exemple, pour aller à l’aéroport prendre l’avion du retour, nous avons pris une navette. Caroline et moi étions les avant-derniers à monter. Nous nous sommes retrouvés sur la banquette du fond, Caroline à ma gauche. Sur ma droite, une place vide puis un homme juif, plutôt jeune. A l’arrêt suivant, le dernier passager à monter était une jeune femme.  Panique de mon voisin juif, qui m’a demandé de me déplacer à son côté pour que la jeune femme s’installe entre Caroline et moi. Manifestement, il ne pouvait pas accepter qu’UNE inconnue s’installe à coté de lui…

Le catholicisme est très présent dans les lieux saints : Basiliques du Saint-Sépulcre et de la Nativité, chemin de croix, tombeau de Marie, etc. Partout des groupes de toutes nationalités, venus là pour prier, chanter, toucher, embrasser… Quelle ferveur ! Mais dans la rue, on ne les voit quasiment pas.

Les musulmans sont encore moins visibles, en tant que religion, y compris en territoires palestiniens. Le seul lieu où nous avons un peu senti leur présence est l’esplanade des mosquées. Il y a là des gardiens en civil qui veillent à ce que les touristes n’aillent pas partout et restent « décents ». Nous en avons vu un empêcher un couple de faire un selfie enlacé…

Le mur

Entre Jérusalem et Bethléem, nous avons surtout vu la clôture grillagée qui marque la frontière, y compris autour de la grosse colonie israélienne qui s’est récemment installée sur une petite colline. Nous n’avons vu le mur qu’à la périphérie nord-ouest de Bethléem : 8m de haut, électrifié, vidéo-surveillé, des miradors de part en part avec des militaires armés au cas où… rarement vu un truc plus hideux !

Il paraît que c’est là pour empêcher les terroristes de passer. C’est sur, à leur place, je chercherais à contourner la difficulté en passant par le clôture grillagée…

Le bon coté, c’est que l’ingéniosité des populations a réussi à transformer cette horreur en lieu touristique !

Le niveau de vie

Si l’on en juge par les prix des produits, le niveau de vie en Israël est tout à fait comparable à celui de la France. Certes, si l’on se promène à pied dans Jésusalem, on va trouver des disparités, mais pas plus qu’entre certains quartiers de Paris ou de la banlieue.

Les disparités semblent un peu plus importantes côté Palestinien, avec un entrelacement du riche et du pauvre plus important. On a un peu le sentiment d’être dans une région qui commence à s’enrichir, avec des inégalités qui se creusent. Ce qui fut, nous a-t’on dit, effectivement le cas après les accords (de paix) d’Oslo, cette dynamique étant nettement retombée depuis. Si j’essaie de citer, sans trop les déformer, les propos de notre chauffeur, cela donne : « Après les accords d’Oslo, les riches palestiniens d’Europe et d’Amérique sont revenus avec leur argent. Maintenant, ils ont le sentiment de vivre dans une prison, alors ils repartent ! »

Mais globalement, cette partie de la Palestine que nous avons visitée paraît vivre plutôt bien ; en période de paix ?

A priori, les populations les plus pauvres que nous avons croisées sont les nomades bédouins : campements de barques en tôles à la limite du désert. Ils ressemblent probablement beaucoup à nos nomades gitans ou tsiganes d’il y a cinquante ans et plus …

 

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