14 mars 2018 ~ 0 Commentaire

Voyage à Jérusalem – 4ème jour (lundi 12 mars)

Aujourd’hui, nous quittons la ville pour aller visiter Bethléem (10 km au sud) et Jéricho (environ 50 km à l’est), avec pour guide le chauffeur de taxi qui nous avait conduit au sommet du Mont des Oliviers.

Sur la route vers Bethléem, nous passons à proximité d’une colonie juive en territoire occupée ; vu le nombre et la taille des immeubles, probablement plus de 10 000 occupants ! Le chauffeur nous explique la manip : l’état israélien commence par déclarer le terrain inconstructible. 15 ans plus tard, il dit aux palestiniens : vous nous avez laissé faire pendant 15 ans, maintenant c’est à nous ! Et la construction commence ; une vraie petite ville sort de terre en 2 ou 3 ans.

Nous passons le check-point sans être contrôlés. « Il n’y a que les véhicules palestiniens qui sont arrêtés. » Nous dit le chauffeur. Nous atteignons rapidement l’agglomération de Bethléem : la ville compte 30 000 habitants environ (catholiques et musulmans mélangés), l’agglomération plus de 200 000 !

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A l’entrée de la ville, sur un mur isolé, une oeuvre de Bansky !

Le chauffeur nous confie à un guide qui nous fait visiter la Basilique de la Nativité, construite à l’emplacement de l’étable où serait né Jésus. Extérieurement, on distingue nettement trois parties correspondant aux églises catholiques orthodoxe, arménienne et romaine. On entre par la partie orthodoxe, via une toute petite porte (à l’origine, c’était un grand porche dont la taille a été progressivement réduite pour obliger le visiteur à se courber pour entrer !). A l’intérieur, une file de plus de deux heures d’attente pour descendre à la cave de la nativité (sous la partie arménienne). Notre guide nous sert de coupe-file, et nous y sommes en 15 minutes… Toujours une énorme ferveur dans ces lieux : la plupart des visiteurs est là pour toucher, embrasser, prier, pleurer, chanter… malgré les guides qui poussent à ressortir au plus vite !

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Devoir accompli, nous ressortons par la partie romaine de la basilique, et le guide nous conduit à l’inévitable boutique de souvenirs, où, sans que cela soit indiqué, les prix sont en dollars (environ 4 fois plus cher que la monnaie locale !). Evidemment nous tombons dans le piège !

Avant de reprendre le taxi, petit détour par la Grutto Milk : une ancienne grotte de pierre blanche, transformée en chapelle, où Marie donnait le sein à Jésus. La légende raconte qu’à l’époque, la pierre était noire ; une goutte de lait serait tombée sur le sol, et la pierre aurait changé de couleur. En quelque sorte, le premier miracle de Jésus…

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Le taxi nous conduit ensuite, à un ou deux kilomètres de là, au pied du mur de séparation entre les territoires sous administration israélienne et ceux sous administration palestinienne : Un mur de 8 mètres de haut, avec câbles électriques, caméras et miradors, qui encercle le nord-ouest de la ville pour empêcher les infiltrations de terroristes. Assez monstrueux ! Dans le coin où nous sommes, à proximité d’une boutique dédiée à Bansky, le mur est recouvert de graffitis (on nous proposera d’ajouter le nôtre !). Amusant de constater que les palestiniens (et leurs amis, dont notre chauffeur doit être…) ont su transformer en objet touristique une construction aussi hideuse. A proximité, une autre oeuvre de Bansky.

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Nous prenons ensuite la route vers Jéricho. Après la sortie de la ville, nous traversons des zônes d’habitation peu dense, où l’on trouve à la fois des constructions anciennes plutôt délabrées et des bâtisses plus modernes et certainement plus riches.

Nous atteignons ensuite une zône assez montagneuse, plutôt verdoyante, avec quelques campements de bédouins. De tout ce que nous avons vu, ce sont ces campements qui nous paraissent les plus pauvres : quelques baraques en tôles, deux ou trois chameaux, un troupeau de qiueqlues dizaines de moutons et de chèvres… Le chauffeur nous explique que selon là où se trouvaient les groupes de bédouins à la création de l’état d’Israël, certains ont la nationalité israélienne et peuvent circuler assez librement partout, et d’autres pas…

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Le paysage devient progressivement désertique (le désert de Judée). La route descend ; nous passons sous le niveau de la mer pour aller jusqu’à envion 400m au dessous (la Mer Morte est à -450 m !).

Nous traversons la vallée de Jéricho (cultures maraichères et « forêts » de palmiers-datiers), en fait l’ancien fond de la Mer Morte, j’usqu’à la rive du Jourdain, qui marque le frontière avec la Jordanie, à Qasr al-Yahud. C’est le site où Jésus aurait été baptisé par Jean : 3 ou 4 chapelles et mosquées de part et d’autre du fleuve, où coule une eau rare et limoneuse, dans laquelle se baignent quelques croyants en robe blanche… Pas de pont, pas de trace de garde-frontères ! En fait, le contrôle est fait sur la route, à un kilomètre de là, mais on sent que le no man’s land entre le poste de contrôle et le fleuve a été organisé pour d’éventuels combats.

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Nous retraversons la vallée pour rejoindre Jéricho, petite ville construite au pied d’une falaise de plus de 500m de haut, sur l’ancienne rive ouest de la mer, et qui fut la première ville passant sous contrôle de l’autorité palestinienne après les accords d’Oslo.

A l’entrée de la ville, un ancien camp de réfugiés palestiniens, datant de 1948, et où les construction en dur (de bric et de broc quand même !) ont progressivement remplacé le bidonville. Un peu plus loin, un casino tout neuf mais fermé : après les accords d’Oslo, de nombreux palestiniens émigrés en europe ou en Amérique sont rentrés au pays avec leur argent (ce qui explique les nombreuses constructions neuves dans la zone de Bethléem) et l’un d’eux eu l’idée du casino. Mais l’argent joué ici échapant au contrôle (et aux taxes ?) d’Israël, celui-ci fit rapidement fermer le casino…

A la sortie nord de la ville, un téléphérique conduit au Monastère de la Quarantaine, où Jésus résista à la tentation du diable, qui lui deandait de transformer une pierre en pain ; il jeuna donc ici pendant plusiuers jours. Le monastère, à demi trogodite, est construit au flanc de la falaise ; on imagine le chantier, à une époque où il n’y avait pas de téléphérique ! Les valconnets, en surplomb de la falaise, offrent de magnifiques vues sur la vallée, jusqu’à la Mer Morte au sud.

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Déjeuner rapide au snack du téléphérique (nourriture simple, bonne et pas chère), passage par l’inévitable boutique de produits de beauté de la Mer Morte (le chauffeur doit toucher un petit pourcentage), puis retour à la ville vers 16h.

En fin d’après-midi, petite balade dans la vieille ville pour profiter des couleurs rosées du coucher de soleil (hélas un peu gaché par de gros nuage gris !) et faire quelques affaires dans les boutiques (foulards en soie ou cachemire pour Madame, vrament pas chers).

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Nous terminons la journée par un dîner au Machneyuda, un des restaurants chics de la ville, près du marché de Mahane Yehuda, un quartier qui est en train de se bobo-iser. Ambiance très jeune, musique à fond (vieux standards pop-rock arrangés à la mode israélienne), cuisine traditionnelle modernisée (fruits de mer, filet migon de boeuf), excellent cheese cake à la banane, bières maison.  Une excellent adresse si on n’a pas peur du bruit.

 

 

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